‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 187 sur 282 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

tisfaite de l'arrangement proposé par la France, et cette démarche ne peut manquer d'avoir la plus heureuse influence. En même temps Mazarin adresse à Bagni toute sorte de renseignements qu'il sait pouvoir être utiles à Richelieu. Il l'instruit dans le plus grand détail des forces dont dispose le duc de Savoie. Il l'avertit de ce qu'on dit à Turin et au camp sous Casai des intelligences secrètes du duc de Lorraine Charles IV avec l'Autriche. Le duc doit bientôt entrer en France, assisté d'un corps nombreux de troupes espagnoles. Mazarin tient cette nouvelle de Spinola lui-même. Walstein a écrit qu'on allait bientôt voir du nouveau, faisant allusion aux relations du duc de Lorraine avec un prince français. On soupçonne qu'il s'agit de Monsieur, duc d'Orléans, et on s'étonne que le roi lui ait confié le commandement de l'armée de Champagne1. Sans communiquer à Bagni les raisons trop fondées qu'il avait de ne pas croire au concours de Collalto, Mazarin lui demande d'écrire à Vienne, au cardinal Pallotla, pour le prier de bien assurer

1 Archives des aff. étrang., t. II, f. 446, 12 juillet : « ... Scrive il Duca di Friedland a due personaggi che sentirebbero presto qualche cosa di buono, alludendo che il sudetto Signore possa havere corrispondenza con qualche principe di Francia. Si hà qualche sospetto di Monsieur per le cose seguite e l'intelligenza che passava con quel Duca (di Lorena)... Vedo che ogni uno si maraviglia quando sente che il detto Signore commanda Tarmata di Ciampagna. »

l'Empereur que le duc de Savoie est content des propositions de la France, et de lui faire sentir combien il est glorieux à l'Autriche d'avoir amené la France à de pareilles concessions; qu'il importe donc d'en profiter le plus tôt possible et de précipiter la paix. C'est de Vienne que doit partir la paix, non du camp de Collalto ni de celui de Spinola. Collalto est blessé qu'on parle d'envoyer Walstein en Italie; après avoir longtemps commandé, il n'entend pas obéir; il menace de quitter l'Italie dès que Walstein paraîtra. La paix prévient toutes ces difficultés et concilie tous les intérêts.

Mais Mazarin recommande particulièrement à l'attention de Bagni, c'est-à-dire de Richelieu, les nouvelles certaines qu'il leur envoie sur l'état du siège de Casai et du siège de Mantoue. Toiras a beau se plaindre, et faire dire qu'il lui faudra se rendre s'il ne reçoit au plus tôt de l'argent et des hommes : Mazarin atteste que les demi-lunes en avant de Casai ne sont pas encore entièrement prises, qu'on n'est pas arrivé au fossé de la citadelle, que Toiras se défend pied à pied avec le plus admirable courage, et que pendant tout le mois d'août Casai ne court aucun danger1. Voilà ce que Mazarin répète plu-

1 Archives des aff. et rang», t. II, f. 446, 42 juillet : • Devo dire ancora che Casale non è in stato di perdersi per tulto

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