‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 196 sur 282 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

cet avantage pour lui ôter la vie, sans doute il l'y eût perdue. Le marquis d'Effiat acquit une réputation très-grande en cette action : son cheval fut blessé de quatre coups d'épée et de deux de carabine et de pistolet. Tous deux tuèrent de leurs mains plusieurs des ennemis. 11 est impossible de représenter quel courage Tannée reçut de cette victoire, et Pétonnement qui eh demeura parmi les ennemis qui en étoient d'autant plus confus que jamais partie ne fut mieux faite à leur avantage, et que les troupes qui avoient été défaites étoient toutes allemandes et les

au lieu de relever la charge qui a décidé la victoire, il dit seule* ment, y ai cru devoir prendre les coureurs, etc. ; pas un officier ayant bien fait n'est oublié ; le comte de Maure est célébré, ainsi que le comte de Cramail, ami particulier de Montmorenci, et Mont morenci est porté aux nues. Entre d'Effiat et lui nulle apparence de rivalité. Ils ne servaient ensemble que depuis quelques jours, étant partis le 6 juillet de Saint-Jean-de-Maurienrie, et ils n'avaient encore eu le temps de se connaître qu'à leur commun avantage* Il importe de ne pas confondre les époques et de ne pas mettre au début de la campagne ce qui n'a été qu'au milieu et à la fin. La mésintelligence et la rivalité entre des caractères si différents ne viendront que trop vite, mais elles n'étaient pas encore venues. La Relation de d'Effiat lui est à nos yeux un nouveau titre d'honneur. Nous n'apercevons pas non plus dans la Relation de Montmorenci aucunes traces de cette jalousie envers d'Effiat que Praslin lui attribue ; en sorte que nous serions bien tenté d'absoudre aussi Montmorenci, et de renvoyer tous les torts à ses tristes panégyristes, comme plus tard ce furent encore ses flatteurs et les intrigants qui l'entouraient qui le poussèrent à sa perte en l'entraînant peu à peu dans l'entreprise la plus criminelle et la plus extravagante qui fut jamais.

meilleures qu'ils eussent. Quatre capitaines et le sergent-major du régiment de Galas, qui composent le plus gros bataillon des trois, rapportèrent, pour augmenter la vanité des nôtres, que jamais ce régiment n'avoit été battu l. »

C'est surtout en effet par ses conséquences morales que la bataille de Veillane fut très-considérable. A peine si du côté de l'ennemi mille ou deux mille hommes restèrent sur la place, et s'il y eut trois ou quatre cents prisonniers*. Mais parmi ces derniers se trouvaient un grand nombre d'officiers de marque, entre autres le prince Doria, commandant de la cavalerie. Le prince

«Richelieu, t. VI, p. 179.

* Nos six relations diffèrent ici beaucoup. La meilleure, celle de Tubeuf, dit : c Trois ou quatre cents prisonniers, huit cents hommes morts sur la pince. » L'archevêque de Bordeaux : • Il a été tué assurément huit cents hommes du régiment de Walslein et du colonel Galas. » D'Argencourl : « Ils taillèrent en pièces tout le régiment d'Allemands de Galas, qui étoit de trois mille hommes. » Relation anonyme : « Les ennemis ont perdu deux mille hommes tués sur la place, Allemands et Italiens; deux cents prisonniers. » Richelieu qui résume tous les renseignements, dit, t. VI, p. 178,*« quil demeura sur la place plus de mille ennemis, et qu'il y eut plus de trois cents prisonniers. » Ailleurs, archives des affaires étrangères, Turin, 1630, t. III, comprenant les mois d'août et de septembre, fol. 364, lettre à Toiras, déjà citée, du 6 août : « Je vous ai mandé aussi comme M. de Savoie s étant voulu opposer à leur passage avec son armée, il étoit demeuré deux mille Allemands sur la place, dix-neuf drapeaux et trois cornettes, le prince Doria et force autres prisonniers de marque, t

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