CHAPITRE HUITIEME
la paix seule pouvait la sauver1. 11 écrivait ainsi le 12 juillet, et le 18 la trop véridiqîte prédic tion s accomplissait. Collalto, menacé de l'arrivée de Walstein, voulut du moins ne pas quitter l'Italie sans s'être signalé par un coup d'éclat ; il donna Tordre à Aldringer et à Galas d'en finir avec Mantoue, et leur envoya les nouveaux régiments qu'il venait de recevoir d'Allemagne. Aldringer était particulièrement chargé du siège, en qualité de commandant de l'artillerie. Son , habileté, animée par sa cupidité bien connue, lui suggéra une ruse audacieuse qui lui réussit. Le lac formé par le Mincio protégeait tellement Mantoue que de ce côté la défense était assez négligée et que tous les efforts de Charles de Gonzague se portaient vers la terre ferme : là, en avant de la porte appelée la Pradelle, on avait élevé des retranchements oïi le duc avait mis ses moins mauvaises troupes. Aldringer fit tous les préparatifs d'usage pour attaquer ces retranchements, et en même temps il se procura trèssecrètement des bateaux, des ponts, des échelles. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, l'infanterie allemande, conduite par le duc de Saxe en personne, s'avança vers la Pradelle et vers la digue qui y conduisait, défendue par deux demi-lunes. Cette
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attaque, vivement poussée, fut assez bien soutenue. La première lune emportée, la seconde résista ; les Impériaux durent plus d'une fois reculer, et ils auraient eu bien de la peine à forcer ce poste, où s'étaient rendus les plus braves officiers italiens et français de Charles de Gonzague. Mais pendant que cette lutte opiniâtre avait lieu sur la terre ferme, Aldringer, del'autre côté de la ville, lançait sans bruit sur le lac les bateaux qu'il avait préparés et remplis de ses meilleurs soldats. La petite flotte glissa inaperçue sur les eaux silencieuses, et aHa débarquer vers le pont Saint-Georges; il n'y avait qu'une très-faible garde; on l'égorgea; au moyen de quelques pétards on renversa la porte sans fortifications et sans pont-levis qui donnait sur le lac, et on s'avança rapidement dans d'intérieur de la place. Charles de Gonzague, le maréchal d'Estrées, le colonel Arnauld, avec quelques domestiques, accoururent l'épée à la main et se battirent vaillamment. La résistance ne pouvait se prolonger; car si, "pour faire face aux nouveaux assaillants, le duc Charles tirait quelques troupes de la Pradelle, les Impériaux s'emparaient de cette porte et entraient dans la ville; et s'il voulait se maintenir sur la digue, il n'avait plus assez de forces pour repousser les Allemands venus par le Mincio. 11 fallut donc bientôt