CHAPITRE HUITIÈME
capituler \ Charles de Gonzague obtint toutes sûretés pour sa famille; il put se réfugier sur le territoire pontifical, avec le prince son fils, le maréchal cTEstrées et leurs principaux amis; et pendant trois grandes journées, la riche Mantoue, avec ses palais, ses églises, ses trésors d'art de toule espèce, fut livrée au pillage et à tous les excès d'une soldatesque étrangère, à moitié protestante*.
1 Nous avons trois récits détaillés de la prise de Mari loue, le premier, dans les Mémoires de d'Eslrées, p. 283-296; le second dans ceux de Richelieu, t. Vf, p. 191, etc.; le troisième au Mercure françois, 1630, p. 604-618. Le Mercure françois donne la capitulation; elle est signée du duc Charles, de Jean, baron d'Aldringhen (sic), et de Mathias Galasso. Parmi ceux qui y assistèrent , le Mercure signale « le sénateur Octavio Villani , commissaire général de l'armée, qui se trouva présent a tout ce qui se passa en eette entreprise, les généraux s'étant toujours servis de son conseil, pour la grande connaissance qu'il avoit du pays, y ayant été envoyé par Spinola. Aussi a-t-on écrit que ledit Villani avoit été le principal boute-feu de la guerre d'Italie, et qu'il fut envoyé par le duc de Guastale en Espagne et à la cour de l'Empereur représenter ses intérêts et vaines prétentions au duché de Mantoue, et solliciter les armes de l'Empire. » Voyez plus haut, sur ce Villani, le chap. m, p. 83 et 84.
* Le Mercure françois, p. 617 : • Comme dans l'armée impériale il y avoit nombre de capitaines et de soldats luthériens, naturellement barbares et amis du sang et du désordre, se voyant maîtres de la ville, ils ne se contentèrent pas de piller les citoyens et le palais du duc, d'attenter à l'honneur des femmes et des filles ; mais aussi ils pillèrent les églises et monastères où les habitants avoient retiré le meilleur de leurs richesses, n'ayant en cela porté aucun respect à l'Empereur, qui avoit étroitement défendu d'entrer aux lieux sacrés, et d'attenter aux personnes re-
La nouvelle de la bataille de Veillane et celle de la prise et du sac de Manloue arrivèrent coup sur coup à Mazarin, lorsqu'il était à Como. De pareils événements changeaient bien la face des négociations. Collallo, fier du grand succès qu'il venait de remporter, et sentant bien qu'il ne pouvait plus être question à Vienne de le subordonner à qui que ce fût, ne songeait qu'à poursuivre sa fortune, et il ne dissimulait point son déplaisir de voir l'Empereur incliner à la paix, quand il pouvait faire la guerre avec tant d'avantage. Dans son inimitié contre la France, il redoutait jusqu'à l'ambassade qu'elle avait envoyée au congrès de Ratisbonne. Il disait que, sous de beaux semblants, cette ambassade traiterait bien pjus avec les princes électeurs qu'avec l'Autriche, et que sous main elle tenterait de les lui enlever; il rappelait qu'autrefois, dans les affaires do Hongrie, du temps du duc de Luynes, Châleauneuf et Béthune avaient noué de semblables intrigues; et il avouait à Mazarin qu'à la place de l'Empereur il recevrait avec toute sorte de politesses M. de Léon et le père Joseph, mais qu'il les congédierait promptement l. Mazarin
ligieuses et à l'honneur des femmes. » Suit june élégie latine, intitulée Luctus Manluœ, 1650.
1 Dépêche de Mazarin au cardinal Barberini,20 juillet, de Como. Sur cette ancienne ambassade, composée de Château neuf, alors