‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 211 sur 282 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

française et de la mettre en élat de s'avancer dans le Montferrat. Il l'assura qu'il ne pouvait rendre un service plus signalé au pape, au roi de France, à l'Italie et à lui-même. Comme Mazarin avait du pape la même commission, il promit volontiers son concours à Richelieu pour le bon succès d'une affaire dans laquelle, en remplissant son devoir envers son maître le saint-père, , il trouvait l'avantage de servir aussi la France et d'acquérir une grande renommée. »

Quoi qu'il en soit de la vérité de ce récit, il est certain qu'après un début plus ou moins orageux l'entrevue tourna bientôt en une sérieuse discussion qui se termina par une entente presque complète sur tous les .points.

Richelieu protesta que le roi désirait toujours la paix, et qu'il avait fait à ce désir un grand sacrifice en abandonnant, le mois dernier, un projet de traité juste et raisonnable, pour se résigner à celui que Mazarin lui-même avait conseillé. Ses pouvoirs l'autorisaient bien à conclure ce traité-là; mais ils ne s'étendaient pasjusquraux propositions nouvelles du général espagnol. Il ajouta que, si l'Espagne et l'Empire voulaient sincèrement la paix, ils pouvaient la faire sur-lechamp, la mort de Charles-Emmanuel les mettant à leur aise. On se trompait bien, si on

croyait que la prise de Manloue contraignit la France à subir d'humiliantes conditions : elle était prête à continuer la guerre ; le 20 du mois d'août, au plus tard, de nouveaux renforts porteraient l'armée d'Italie à 12,000 hommes de pied et à 800 chevaux; et le 10 septembre, cette armée ne compterait pas moins de 20,000 fantassins et 2,000 cavaliers1.

Mazarin put aisément répondre que tout ce grand déploiement de forces ne sauverait pas Casai, car il était reconnu que Spinola pouvait s'en rendre maître avant le 20 août, c'est-à-dire avant le temps où, selon les calculs du cardinal, les Français seront en état de marcher à son secours. La proposition de Spinola était donc le seul moyen de prévenir le grave échec que ferait une telle perte à la puissance française. Et il ne fallait pas s'effrayer de l'idée de remettre Casai entre les mains des Espagnols, puisqu'on ne serait réduit à cette extrémité que si on n'était pas parvenu à secourir la place dans le délai assigné, ce qui n'était pas à craindre selon ce que disait Richelieu lui-même, le délai fatal se

1 Dépèche de Mazarin à Barberini du 6 août : « 11 cardinale mi ha delto che per li 20 slante alla più lunga saria formata in quelln parle un' armata di 12,000 fanti et 800 cavalli ; che le nuove levate si face va no in diligenza taie che per li 10 sellembre sarebbero state air ordinè al numéro di 20,000 fanti e di 2,000 cavalii. »

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