‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 212 sur 282 · Chapitre huitième · texte numérisé non relu

Chapitre huitième

prolongeant bien au delà du 20 août et jusqu'au 10 septembre. Il n'y avait rien à répliquer à ce raisonnement, et le cardinal ne demanda plus qu'une répartition différente des quarante jours compris dans l'arrangement proposé : au lieu de vingt jours accordés aux négociations, il y en aurait seulement quinze, et vingt-cinq pour délivrer Casai l.

Ce qui acheva de décider Richelieu, ce fut la connaissance que lui donna Mazarin des secrètes dispositions du duc de Savoie. Victor-Amédée voulait soutenir aux yeux du monde la mémoire et la conduite de son père; mais au fond il souhaitait la paix*. Le cardinal qui savait si bien de quelle importance était à la France l'appui sincère du Piémont, et qui avait tant fait pour l'acquérir, entra vivement dans cette ouverture. Puisque l'Espagne et l'Empire prétendaient n'agir qu'en vue de l'intérêt de leur allié, le duc ne pouvait-il pas leur faire entendre qu'en rendant à Charles de Gonzague ses États, ils lui assuraient la restitution des siens; et si Collalto

1 Dépêche de Mazarin à Barberini du 6 août : o Disse (il cardinale) che quello di far una sospensione per quindici giorni con !e conditioni accennate si sarebbe potulo trattare, allungando il tempo del soccorrere. »

9 Ibid. « In quest' Altezza scopro un estremo desiderio délia pace, ma altrettanla risolutione che il mondo giudichi le attion» sue direlte ad approvare quelle del padre. »

et Spinola repoussaient- des conditions de paix qu'il trouvait justes, pourquoi ne se déclare- . rait-il pas pour la justice et pour la France? Mazarin ne craignit pas de répondre des sentiments de Victor-Amédée, et, en retour, Richelieu promit d'appuyer auprès du roi les propositions de Spinola.

Mais le cardinal n'était pas homme à se conten* ter de simples propos, et fidèle aux habitudes de son esprit prudent et soupçonneux, il exigea du chargé d'affaires pontifical trois pièces écrites et signées de sa main, qui pussent a tout événement le justifier aux yeux du roi et à ses propres yeux :

1° Une relation semblable à celles qu'il avait déjà faites, où seraient fidèlement racontées les dernières négociations avee le duc de Savoie, Spinola et Collalto, relation destinée à montrer au roi et à la reine mère les sincères efforts du cardinal en faveur de la paix et les refus opiniâtres de l'Espagne et de l'Empire1.

2° Un exposé précis des offres de Spinola, à savoir : suspension d'armes de quinze jours, pour laisser aux parties intéressées le temps de

1 Richelieu, t. VI, p. 232, donne une analyse étendue de celte relation, dont nous avons retrouvé une copie authentique avec la signature autographe de Mazarin parmi les papiers du Cardinal; Arc h. des aff. étrang., Turin, 1630, t. III, fol. 36.

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