CHAPITRE HUITIEME
s'assembler et d'arrêter la paix ; après ces quinze jours, si la paix n'était pas* conclue, vingt-cinq autres jours pour secourir Casai ; enfin, la paix n'étant pas faite ni Casai secourue, remise de cette place au général espagnol1.
3° Une explication claire, spécifiant bien que Casai ne serait remise à Spinola qu'après que les articles essentiels de la paix auraient été convenus, et qu'en tout cas Spinola s'engageait à la restituer au bout d'un certain nombre de jours. Le duc de Savoie se portait caution de cet engagement, et promettait de prendre parti sur-le-champ pour la France, si on ne restituait pas Casai dans le temps déterminé. Spinola, en témoignage de sa bonne foi, offrait son propre fils, don Philippe*.
Ceptes Mazarin s'avançait beaucoup en répondant ainsi de Spinola et du duc de Savoie, et pourtant Richelieu trouvait qu'il n'en faisait pas assez et qu'il s'expliquait encore avec trop d'équivoque et de confusion5. Tant l'impérieux cardinal, préoccupé de ses desseins, aurait voulu que les choses et les hommes s'y pliassent sans
1 lbid.t fol. 16. €ette seconde pièce est tout entière autographe et de Findt chiffrable écriture de Mazarin.
* Ibid., fol. 236, avec ce titre français : « Parti proposé par M. le duc de Savoie, apporté par le «sieur Mazarini, le 2 août 1630. »
* Richelieu; t, VI, p. 254.
réserve! tant surtout la pensée de remettre Casai, ne fût ce qu'un* jour, aux Espagnols, répugnait à ce cœur allier, tout pénétré du sentiment de l'honneur français, et qui ne sépara jamais l'ambition du patriotisme! L'orgueil blessé, qui avait éclaté d'abord d'une façon si violente, grondait toujours, mal soumis à la nécessité, et, en retour d'un sacrifice inévitable, exigeait toutes les sûretés que la prudence peut arracher à la fortune.
Cependant, que serait devenu Mazarin, si, dans la perpétuelle mobilité de toutes choses, les dispositions de Spinola et de Victor- Amédée avaient changé, et si ces hauts personnages ne s'étaient pas crus liés par de simples paroles envers un jeune homme qui n'avait encore d'autre autorité que celle de ses talents! 11 passait à jamais pour le plus léger ou le plus fourbe des hommes; il ne pouvait plus songer à revoir le visage de Richelieu ; il était perdu du côté de la France, et il avait à redouter jusqu'en Italie et à Rome même l'implacable inimitié et le long bras du cardinal. Mais Mazarin avait reçu du ciel le courage de l'esprit, plus rare encore que celui du cœur : il croyait à la puissance de la raison, quand elle est servie par l'activité, la prudence et la constance. 11 possédait une volonté d'une persévérance à toute