CHAPITRE NEUV.IÈMË
conditions d'un sérieux arrangement des affaires d'Italie, ici, pour représenter un peu vivement qu'il est nécessaire de s'entendre avec la France, je passe pour français. Telle est la récompense de mes fatigues et de mes dangers l. »
Le lendemain Mazarin écrivit aussi a Riche* lieu, selon la parole qu'il lui en avait donnée : il l'instruisit de l'absence de Spinola et de Colialto, et il croyait déjà avoir fait assez de progrès sur l'esprit du duc de Savoie pour dire au cardinal : « Je reconnais en ce prince les signes évidents d'une sincère inclination pour la France et pour Votre Éminence; il veut seulement ne pas rompre brusquement avec ses anciens alliés. » Ajoutant avec une modestie dont il est difficile d'être dupe : « Je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas le talent et le bonheur qu'il me faudrait pour apporter bientôt à Votre Éminence la définitive conclusion de toute celte affaire*. » Il termine en exprimant le désir qu'il y ait de ce côté des Alpes quelque personnage
1 Arcli. des afï. élrang., Turin, 1630, t. III, fol. 60, lettre déjà citée du 6 août : c ... Sono tenuto costi per spagnuolo, e di quà, per rappresentare le cose con quel avantaggio per cotesta parte che stiino profitevole al bene, sono reputato per fraucese. Or ved;r V. Emin. se cavo una buona mercede délie mie fa tic lie.:. »
* Arch. des aff. élrang., Turin, ibid., fol. 89, lettre de Mazarin à Richelieu du 7 août : «... Ha gradito S. AUezzain estremoquanto gK ho esposto, et in due parole dire haver nconosciuto in essai
possédant toute la confiance du cardinal, et d'une discrétion assurée, avec lequel il pût conférer suivant les circonstances. Richelieu ne se contenta pas de charger Bagni de remercier Mazarin1 : il lui fit l'honneur de lui écrire luimême pour encourager ses efforts, et lui répéter que toutes les promesses qu'il l'avait autorisé à faire en son nom au duc de Savoie seraient amplement tenues. Et il lui désigna d'Effiat comme l'homme auquel il pouvait parler comme à lui-même8.
D'Effiat n'était pas très-favorable à toutes ces négociations. Pour lui, le meilleur diplomate eût été un général victorieux, et , tout miné qu'il était par la maladie et la fièvre, il se sentait capable d'être encore ce général. Toute sa politique était
vivissimi segni di partiale di cotesta corona e dett' Eminenza Voslra, havendomelo espresso in molli modi... e mi dispiacerà solamente non haver quel talento e forluna che desiderarei per porlar ail' Eminenza Vostra la conclusione diquanto desidera... •
1 Arch. desaff. étrang.,FRAKCE, t. LM,(bl. 581, lettrede Bagni à Mazarin, de Saint-Jean-de-Maurienne, 10 août 1650: « —U signore Cardinale di Richelieu ha lodato la diligenza di V. S., te fatiche che con lanlo ardore intraprende in procurar di condurre a fine questa tanto riecessaria pace. .. t
* Arch. des aff. étraug., Turin, ibid.t fol. 102. Celle lellre est la première qui soit connue de Richelieu à Mazarin ; elle doit êlre du 10 ou du 11 août, et elle a été très-mal à propos datée du 9 dans la copie des affaires étrangères, car elle commence ainsi : « Monsieur, j'ai reçu ce samedi 10 août, à six heures du malin, la lettre que vous m'avez escrile du 7' de ce mois, etc. •