CHAPITRE NEUVIÈME
der dans les termes les plus respectueux, mais les plus nets, son agrément pour traiter avec les Français1. On n'avait à Vienne aucun motif de s'y refuser. L'Empereur avait toujours déclaré qu'il n'avait d'autre objet, en prenant les armes, que de maintenir sa légitime autorité dans le nord de l'Italie, et qu'une fois cette autorité reconnue il était prêt à accepter tout arrangement qui conviendrait à la maison de Savoie. L'orgueil autrichien était satisfait par la prise de Mantoue. Il fallait compter aussi avec la diète rassemblée à Ratisbonne, et celle-ci se montrait opposée à une guerre qui n'intéressait point l'Allemagne. Enfin du fond du Nord se levait contre les États catholiques et contre l'Empereur qui en était le chef une menace formidable avertissant Ferdinand de ne pas disperser ses forces loin du théâtre où allaient se jouer les destins de la maison de Hapsbourg. Parfaitement instruit de ce qui se passait à Vienne, Collalto commençait à prendre et à laisser paraître des intentions plus
1 Archiv. des aff. étrang., Turin, ibid,, lettre du duc de Savoie du 11 août 1630. C'est vraisemblablement ici une copie que Mazarin se sera procurée et qu'il aura envoyée à Bagni, lequel laura remise à Richelieu. «... Vogliamo credere che Sua Maestà, in conformità del desiderio che moslra délia pace, non vorrà rifiutar quesfa, poichè con essa conseguisce il suo fin di allontanare i Francesi dalF Italia, di conservar Tautorilà e la sua giuridizione air lmperatore, e di farci a noi restituire il nostro con le.conditioni istesse che dà noi sono state proposte e approvatc. »
pacifiques. Toute son ambition se portail du côté de l'Allemagne, et il aspirait à y revenir le plus tôt possible avec les richesses et les lauriers qu'il avait amassés. Il n'avait aucun désir de donner le temps aux Espagnols de se rendre maîtres d'une place forte qui servirait de boulevard au Milanais et leur ouvrirait le Montferrat. Il n'était pas fâché que la prise de Mantoue restât le seul grand fait d'armes de la campagne, et il souhaitait que la paix se fît avant que Spinola eût remporté un succès égal au sien et se fût emparé de Casai. Il avait donc répondu au duc de Savoie qu'il était tout à fait d'avis d'une suspension d'armes, la jugeant indispensable pour discuter et arrêter les conditions de la paix ; et il promettait de se rendre en Piémont dès qu'il aurait reçu les derniers ordres de l'Empereur *.
De son côté, Mazarin ne négligeait rien pour confirmer Victor-Àmédée dans les résolutions qu'il avait prises. Il lui parlait au nom de ses sujets ruinés et épuisés, au nom de l'Italie dont la reconnaissance lui pouvait être un jour si précieuse, surtout au nom du Saint-Père, qui pouvait" tant sur un prince de la pieuse maison de Savoie*. Sans doute cette piété héréditaire se tai-
1 Dépêche de Mazarin à Barberini, du 11 août. «Dépêche au même, du 25 août : « ... Intanto tutle le mie diligenze sono indirizzate a mantenere S. A. desiderosa délia