‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 222 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sait quelquefois devant une passion plus forte, l'ambition ; mais ici ces deux sentiments s'accordaient et se fortifiaient l'un l'autre. Les promesses de Richelieu avaient aussi tellement animé Victor-Àmédée qu'il était bientôt revenu à tous les rêves de sa famille. Fidèle au génie de sa race, au milieu même des plus grands dangers, il avait demandé que les Français l'aidassent à s'emparer de diverses parties du territoire de Gênes, et même, on aurait peine à le croire si Richelieu ne l'affirmait, il aspirait à être nommé roi des Romains. Il avait fallu lui faire entendre que dans les circonstances présentes on ne se pouvait mettre un ennemi de plus sur les bras, et qu'avant de placer sur sa tête la couronne de roi des Romains, on se voulait assurer de la constance de sa bonne volonté envers la France1.

Ainsi tout paraissait conspirer au noble but que poursuivait Mazarin. La sainte cause de la

pace, e farlo in ogni più esquisito modo cooperare per Teffettuatione di quella, mostrandole le obligationi che le ne terra ntalia, la quale nelle presenti afîlitioni tutto il suo sollevamento riconoscerà dall1 opéra sua, e la confermatione deir amore de' suoi sudditi per tanle parti travagliati, intrecciando sempre nei discorsi il gradimento di S. Stà, dalla quale si puô e potrà promet- .tere in ogni occasion e un1 ottima volontà, il che S. A. stima assaissimo, et è certo che io la trovo d'una candidezza e pietà grandissima... »

* Richelieu, t. VI, p. 243, etc.

paix avait fait sa route à travers toutes les passions qui d'ordinaire divisent les hommes, l'ambition, l'orgueil, l'avidité, la jalousie, et elle semblait près de triompher. En effet, il ne restait plus à gagner qu'un seul homme, et on le pouvait croire tout gagné d'avance ; car cet homme était prudent et sage, et on lui apportait, revêtues du consentement de la France, de la Savoie et de l'Empire, les propositions que lui-même avait faites.

Mazarin se rendit donc auprès de Spinola à son camp sous Casai1. Victor-Àmédée lui adjoignit son premier secrétaire d'État, le commandeur Passer, qui déjà avait traité plus d'une fois avec le général espagnol*.

Les deux négociateurs le trouvèrent absorbé dans les travaux du siège et les poussant avec une ardeur extraordinaire. Ils lui dirent qu'ils

1 Sur cette visite de Mazarin à Spinola» nous avons deux récits de Mazarin lui-même, l'un adresser le 11 août, du camp espagnol, après les premières entrevues, au cardinal secrétaire d'État Barberini; l'autre, du 19 août, au cardinal Bagni, quand Mazarin était de retour auprès de Victor-Amédée, Àrch. des aff. étrang., Turin, ibid., fol. 195. Ce dernier récit résume à là fois et développe le premier. Celui de Richelieu, t. VI, p. 263, etc., est d'une parfaite exactitude et paraît tiré de la lettre de Mazarin à Bagni, que celuici aura communiquée au cardinal.

9 Lettre à Bagni du 19 août : c ... lo partii dà Casale con il commendator Paser, primo secretario di S. Àltezza, dalla quale haveva ordine di parlar vivamente per la pace... ■

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