‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 231 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Richelieu ne tarda pas à lui conférer les pouvoirs militaires et diplomatiques les plus étendus, dont il devait user selon les circonstances \ Quant à lui, loin d'être en état d'accompagner Schomberg et de passer les Alpes, comme d'abord il se Tétait proposé, il ne put pas même de: meurer à Saint-Jean-de-Maurienne. La peste s'y était déclarée et avait pénétré jusque dans sa maison : il eût été téméraire de la braver plus longtemps, et le roi ayant appris le danger qu'il courait, lui ordonna de le venir trouver8. Richelieu obéit. Il quitta Saint-Jean-de-Maurienne le 17 août, et, le 22, il était à Lyon auprès de Louis XIIL II le trouva déjà bien près de la terrible maladie qui pensa l'emporter le mois suivant5, et autour de lui Marie de Médicis avec ses principaux amis travaillant à s'emparer de son esprit et tramant dans l'ombre les complots qu'arrêta momentanément le rétablissement inopiné du roi, et qui un peu plus tard éclatè-

1 La lettre royale qui confère au maréchal de Schomberg à peu près les mêmes pouvoirs qui, le 12 août, avaient été donnés à Richelieu, est datée de Lyon, le 19 août. Arch. des aff. étrang., Turiç, 1630, t. III, fol. 309.

8 Mémoires, t. VI, p. 261 ; Arch. des aff. étrang., France, t. L1V, fol. 108, le cardinal de la Valette à Richelieu, de Lyon, 16 août.

5 Sur cette maladie du roi, voyez Richelieu, t. VI, p. 296, etc., ainsi qu'une relation authentique et détaillée, datée de Lyon, 1er octobre, et qui se trouve aux arch. des aff. étrang., Turin, 1630, t. IV, fol. 9.

rent à Paris. Richelieu avait fort à faire de disputer le cœur du roi à une mère ardente à la fois et astucieuse, et de faire face aux intrigues dirigées contre son pouvoir et même contre sa personne; mais au milieu de ces pénibles soins et des plus cruelles angoisses, du pied du lit d'un roi mourant qui l'eût entraîné infailliblement avec lui, son vaste génie et son infatigable activité, soutenus par une ambition généreuse , embrassaient toutes les affaires des bords de la Baltique jusqu'à ceux du Pô; son regard perçant ne perdait pas plus de vue l'Italie que l'Allemagne, et il ne cessa pas de guider et d'inspirer de loin d'Effiat etSchomberg, comme il suivait toutes les délibérations de la diète de Ratisbonne, et les moindres démarches de Gustave-Adolphe.

Schomberg était parti de Saint -Jean-de-lfau* rienne le 15 août. Arrivé le \ 7 à Suze, il s'avança sur la route de Turin, et, au lieu de passer outre devant Veillane, la dernière place forte qui restât au Piémont, il l'investit et poussa le siège avec une telle vigueur que, le 27 août, il était maître delà ville et de la citadelle1. Ce coup hardi ne plut guère au duc de Savoie, mais l'avertit, comme déjà l'avait fait le combat du pont de Carignan, qu'il fallait prendre un parti et. ne pas

1 Voyez Mercure françois, p. 678, les détails de la prise et de la capitulation de Veillane.

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