CHAPITRE NEUVIÈME
lutter davantage avec la fortune de la France. Mazarin avait reçu un billet de Richelieu1 qui l'invitait à avoir confiance en Schomberg aussi bien qu'en d'Eftîat. Les deux généraux français étaient autorisés à accepter la principale condition de Spinola, la remise de la ville de Casai aux Espagnols ; mais ils faisaient aussi leurs conditions : ils demandaient par-dessus tout que la suspension d'armes eût lieu sans délai, car Toiras leur écrivait qu'il ne pouvait tenir plus longtemps. Spinola, au contraire, ne se hâtait point de conclure la suspension d'armes, dans l'espérance de se rendre bientôt maître de la citadelle qu'il assiégeait avec un redoublement d'ardeur et d'énergie, la prise de Veillane lui étant un nouvel aiguillon. D'autre part, Collalto, après avoir vivement souhaité l'armistice, y était devenu indifférent. Jusqu'alors revêtu de pouvoirs illimités, il s'était flatté d'attacher son nom à un grand traité de paix qui relèverait encore aux yeux du monde la gloire de la prise de Mantoue ; mais l'Empereur ayant transporté à Ratisbonne
1 Richelieu, t. VI, p. 260. Dépèche de Mazarin à Barbe rini, du 25 août : c ... Il marescialdi Sciombergh, che ha plenipotenza unito con il sudetto Marchese, et a mio credere qualche autorità più di lui, mi diede una lettera del signor cardinale di Richelieu e nuova che s'era incamina.to alla votta di Lione, e ne invio copia a V. Em. tradotta in italiano... » Le billet du cardinal, qui n'a pas plus de sept à huit lignes, est daté du 1 5 août, de Saint- Jean de-Maurienne.
les affaires d'Italie, le général autrichien s'était vu par là privé, ainsi que Spinola, de ses anciens pouvoirs, et comme il n'avait plus d'intérêt à suivre ses premières démarches en faveur de l'armistice, refroidi et mécontent, il les avait tout à fait abandonnées1. Le duc de Savoie était partagé entre, deux sentiments opposés : il reconnaissait bien que la trêve était le premier besoin de son peuple, mais le nouvel affront qu'il venait àe recevoir par l'occupation de Veillane lui causait une vive irritation, et il revenaitsoavent à ses anciens ombrages contre la France et Richelieu.
Quel invincible dévouement à la cause de la paix , quelle douceur et quelle constance, quel talent de persuasion et de conciliation, quelle fertilité d'expédients ne fallut-il pas à Mazarin pour contenir, éclairer, faire marcher ensemble tant de sentiments, d'intérêts, de passions con-
1 Dépêche de Mazaiinà Barber ini, du 25 août : « ... Agli avvisi ricevuli (dà Ratisbona) il Conte ricusa di trattaf cosa alcuna, dicendo che con la dichiaratione delF Iraperatore gli viene tacitamente a cessare l'autorité. Sente perônon poco che S. Maesta Cesarea non glî habbia rimessa la conclusione di tutto... » Arch. des aff. étrang., Turin, 1630, t. M, fol. 346, lettre de Mazarin à Richelieu, de Reano, le 2 septembre : « ... Quanto al Conte, conosco esser mortificalîssimo délia risolutione delF lmperatore, parendogli che S. M., in queste congiunture, havendolo cosi ben servito, non dovesse portar la negotiazione a Ratisbona; ma neS" suna cosa più lo seccha che il sapere che lo Spinola godii di vederlo nel medesimo stato che è.... •