CHAPITRE NEUVIÈME
traires ! Comment le suivre dans ses courses perpétuelles auprès des différents chefs et à travers toutes les vicissitudes de cette laborieuse campagne diplomatique! Les moindres choses exigeaient de nouveaux pourparlers et une interminable correspondance1. Pour peser mieux et bien arrêter les conditions de la grande suspension d'armes , on eut ridée d'en faire une petite de six jours; celle-là même ne se put conclure qu'à grand'peine. Enfin, le 2 septembre, la veille même du jour où allait cesser la trêve provisoire2, Mazarin était parvenu à obtenir de Cpllalto et du duc de Savoie leur adhésion à un plan général d'armistice : il l'apporta au camp français comme la chance dernière de la paix. Schomberg et d'Effiat n'avaient pas le temps d'en- référer à Richelieu; ils avaient de pleins pouvoirs; ils en firent usage, et, après quelques
1 Nous avons sous les yeux plus de vingt lettres de Mazarin à Richelieu, à d'Effiat et à Schomberg, et de ceux-ci à Mazarin, pendant la dernière quinzaine du mois d'août et jusqu'à l'armistice du 4 septembre. Toutes ces lettres nous viennent de la Bibliothèque Barberine et des archives des affaires étrangères. Signalons seulement quatre lettres de Mazarin à Richelieu. La première est du 49 août, de Virle, Arch. des aff. étrang., Turin, 1650, t. III, . 201; la seconde, du 28 août, du camp près Turin, ibid.y f. 212 ; la troisième, du 29 août, de Virle ; la quatrième , du 2 septembre, deReano, ibid., f. 346, minute vraiment indéchiffrable.
* Lettre de Mazarin à Richelieu, du 2 septembre : « Si è fatto una piccola tregua di sei giomi, che finisce domani.... »
concessions réciproques, le 4 septembre fut arrêtée à Rivalte la suspension d'armes si longtemps attendue , qui sans doute ne satisfit pas ceux qui nourrissaient des prétentions exagérées , mais où les divers intérêts étaient équitablement et habilement balancés1. Elle était au fond avantageuse à la France, (&v elle devait durer jusqu'au 15 octobre. On avait donc près d'un mois et demi pour
1 Richelieu ne fut guère satisfait de cet armistice, t. VI, p. 267, etc; mais il est certain qu'il était nécessaire, et que du côlé des Français on fut unanime à l'accepter, hormis peut-être Schomberg et d'Effiat qui connaissaient et partageaient les hautaines susceptibilités du cardinal. Àrch. des aff. élrang., Tcrin, 1630, t. M, f. 349 : < Propositions aportées par M. Mazarini, avec les réponces qui ont été résolues et données audit Mazarini, le 2ma septembre 1630. » On voit ici entre autres choses que Mazarin n'apportait une suspension d'armes que jusqu'à la fin du mois de septembre; d'Effiat et Schomberg obtinrent qu'elle se prolongeât jusqu'au 15 octobre. — lbid. Lettre de Schomberg à Richelieu, du 6 septembre : «M. Mazarini nous ayant hier renvoyé les articles de la trêve générale et les lettres cy-jointes, j'ai esté d'avis que nous assemblassions MM. de Montmorency, le maréchal de la Force, les maréchaux de camp et les intendants des armées, qui tous avoient eu cognoissance de la plupart des responses que nous avions cy-devant données audit Mazarini, pour leur faire voir les dernières propositions qu'il avoit envoyées , et par mesme moyen conférer tous ensemble sur les despesches du Roy et les Yostres du 28me du mois passé. Nous nous assemblâmes donc hier à Rivalte, où tout le monde fut d'avis d'accepter lesdites propositions du Mazarini... » Schomberg aurait bien désiré obtenir d'autres concessions; mais, dit-il, « j'ai esté emporté par les voix de tout le monde, fondées particulièrement sur la dernière lettre qui est venue de Casai... Nous avons, au reste, jugé à propos de retrancher le préambule qui est dans le projet de suspension envoyé par le Mazarini, parce qu'il nous