‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 234 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

traiter de la paix, et si après ce long intervalle la paix notait pas conclue, on pouvait recommencer la guerre. Les Espagnols entraient immédiatement, il est vrai, dans la ville de Casai, mais sous la promesse formelle de la rendre aux Français, si la place était secourue avant le 1er novembre; sinon, les Français remettraient la 'citadelle ellemême à Spinola, qui la rendrait quelque temps après au duc de Mantoue. Des deux côtés, pendant la trêve, on devait s'abstenir de tout nouveau travail de défense ou d'attaque sur quelque point que ce fût, et les Espagnols s'engageaient à fournir aux Français des vivres à un prix déterminé1.

Cette heureuse suspension d'armes était, de l'aveu commun, l'ouvrage deMazarin. Son nom

semble que ce seroit nous faire consentir qu'en cette affaire rentière autorité et juridiction despend de l'Empereur.... Vous verrez, par ladite suspension, qu'elle a esté demandée pour la Savoie, ce que nous n'avons pas dû refuser pour ne désespérer pas le duc de Savoie... Voilà, monseigneur, ce que je vous puis dire tur le suject de la suspension, de laquelle nous n'avons pas dû donner avis au Roy avant que la conclure, à cause de l'extrémité en laquelle nous voyons qu'est Casai... »

1 Le Mercure françois, 1650, p. 685 et 686, fait connaître trèsimparfaitement ce traité du 4 septembre. 11 est tout entier aux arch. des aff. étrang., Turin, 1630, t. III, fol. 373, et mériterait d'être donné intégralement. Citons du moins les premières lignes qui remplacent le préambule retranché par Schemberg : • La suspension généralle a esté accordée entre les armes de Sa Majesté Impériale, des deux couronnes, et de M. de Savoye, en tous les lieux tant deçà que delà les monts, jusqu'au 16 octobre pro-

paraissait dans le traité même ; on l'appelait le ministre du Saint-Père, sans qu'il fût question du nonce Pencirole. Il n'y avait qu'une voix sur son dévouement et sur sa capacité : il avait servi tout le monde et n'avait trompé personne. Tardive mais bien douce récompense de tant de courses, de fatigues et de soucis! Le jeune chargé d'affaires pouvait se féliciter d'avoir pris cette brillante revanche d'espérances si souvent dé çues et des injustes soupçons de Louis XIII et de Richelieu. Ce premier et beau succès lui enseigna que le temps est l'allié des bonnes causes, et que, lorsqu'on a la conscience de poursuivre un juste et noble but, il ne faut point se laisser intimider par les obstacles, car les obstacles ne manquent jamais aux desseins les meilleurs. Nous verrons Mazarin pendant toute sa vie mettre à profit cette leçon : il en aura bientôt une occasion mémorable.

L'armistice conclu, il s'agissait de l'exécuter. Depuis quelque temps étaient venus au camp français deux officiers chers à Richelieu, ses proches parents et serviteurs dévoués. Le pre-

chain, sur l'instance qui en a esté faitte de la part de Sa Sainteté par le sieur Mazarin, son ministre, pour faciliter les moyens de la paix, à Jaquelle les ministres des susdites Majestés ont déclaré qu'elles sont entièrement résolues et disposées.... Fait au camp de Rivalte, le 4me jour de septembre, signé Montmorency, Caumont, Schornberg et cTEffiat. »

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