‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 236 sur 282 · CHAPITRE iNEUVIKMK. Ô2y · texte numérisé non relu

CHAPITRE iNEUVIKMK. Ô2y

complissement. On avait, en effet, grand besoin de toute sa prudence au milieu de gens de guerre très-chatouilleux sur le point d'honneur, et qui ne voyaient pas tous du même œil la suspension d'armes. L'orgueil espagnol souleva mille chicanes qui menaçaient de tout entraver. Mazarin et Passer, venu* pour le seconder au nom du duc de Savoie, répondirent nettement qu'il ne s'agissait plus de disputer sur les conditions de l'armistice mais de l'exécuter, et que si maintenant on voulait se dédire, on aurait contre soi le duc de Savoie et le général autrichien luimême, qui voulaient faire respecter leur parole1. D'aulre part, le commissaire français n'était pas entièrement libre : il avait Tordre se-

1 Dépêche de Muzaiïu à Bjiberini, 7 beptembre. « .... Il cornmendntor Paser, secondo gli ordini ricevuti dà S. A., ha parlalo corne conveniva, et io non ho lasciato di far la parte mia, dicendo clie non si veniva quii per dispulare ma per esseguire quello die era slalo accordato con Francesi, in modo che havevano sottoscritto la so.spensioue, corne liavevano fatto il duca e Collalto... » L'historiographe Baudier, dans Y Histoire du maréchal de Toiras, prête ici à Mazarin un long discours, vraisemblablement de pure invention, mais assez bien approprié à sa double condition d'officier et de chargé d'affaires du Saint— Siège. P. 187 : « Messieurs, il y auroit sujet de s'étonner qu'un homme qui porte une épée ne vous parle et ne vous presse que de la paix, si vous ne sçaviez tous que celui qui nfemploye et me fait agir est prince de paix, la prêche, la conseille et la désire; et s'il ne pouvoit la donner aux couronnes diresliennes qu'au prix de son sang, il imiteroit volontiers celui de qui il tient la place, et le répandrot avec joie pour éteindre le feu de cette malheureuse guerre ...»

cret de ne pas livrer la ville de Casai avanl de s'être assure de la bonne foi des Espagnols et d'avoir bien reconnu que la citadelle était hors d'état de résister plus longtemps1. Toiras consulté refusa de donner son avis, disant qu'il ne lui appartenait pas d'eu avoir un autre que d'être bien décidé à défendre la place jusqu'à son dernier soupir*. Brézé examina toutes choses avec le plus grand soin, en compagnie de Mazarin et d'un délégué espagnol3, et il se convainquit aisément que l'armistice était de la plus indispensable nécessité. La ville de Casai, à force de souffrir, en était venue à perdre ses anciens sentiments pour les Français et même pour le duc de Mantoue; elle ne désirait plus que la fin de la guerre. La citadelle était serrée de très-près ; la peste y faisait des ravages affreux; il n'y avait guère plus de quatre cents hommes en état de porter les armes4, et encore diminuaient-ils chaque jour, grâce aux libéralités habiles exercées envers les déserteurs. Il n'y avait de force et d'énergie que dans J'in-

1 Lettre déjà citée de Schomberg à Richelieu, du 6 septembre.

* Mercure françois, iOoO, p. 690.

5 Dépêche de Mazarin à Barberini, du 15 septembre : « .... Ogtii giorno sono andato hora fuori délia cittadella, hora ad una porta délia cilla, cou il siguor marcliese di Bresse e conle Serbellonc... »

4 Ibid. : * Toras non liaveudo the 490 liuornini che prendessero i'nriiiii.. »

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