CHAPITRE NEUVIÈME
même1. »Sous l'amertume de ce langage d'un diplomate désappointé auquel on dérobe une affaire qu'il s'était réservée, on discerne aisément la vérité, et Mazarin parlait à la fin d'août
1 Dépêche de Mazarin du 25 août : «... Non mi persuado che monsù di Leone et il padre Giuseppe babbiano autorità di conclu dere, si perché il sign. card. di Richelieu havrebbe molto mal- Irattato Sciombergh e Fiat, dandogliela amplissima per conclu der la pace in Italia, mentre havesse data la medesima a quelli di trattarla in Alemagna. Inollre il cardinale mi disse, quando risolvè di spedire li detti a Ralisbona, che solamente li mandava per assicurare in génère l'ïmperatore délia retta inlentione del Cristianissimo... E perché son certo chehanno havuta la delta commissione,... sospetto che il padre Giuseppe che, non lasciando di essere alquanto ambitioso, si arroga sempre ciô che puô recatgli riputatione, non si sia inoltralo d'avantaggio di quelloche doveva... Non è possibile che i detli habbiano Taulorilà di trattare e concludere suite cose d'Ualia, poichè per assicurare l'ïmperatore di che l'havevano bastava mostrarla, e pure non Thanno fatto, offerendosi perô che ciô che havessero concluso sarebbe stato rati ficato dal re di Francia... La plenipotenza si da in scritto e non in voce, dovendosi nel principio del negotio presentare, acciô l'altra parte sia certa che tratta con chi ha autorità di concludere, onde senza tante girandole già che diceva d'haverla perle cose d'Italia, bastava che la mostrasse... » Richelieu, t. Vf, p. 281 : « L'empereur demanda à Léon Bruslard et au père Joseph s'ils avoient pouvoir de la part du roy pour traiter de la paix. Ils répondirent sagement qu'ils avoient pouvoir selon que les conditions se trouveroient raisonnables, toutefois avec cette réserve de ne point signer ce qu'ils concluroient sans avoir envoyé vers le roy... On envoya dés le mois d'août à Léon Bruslard et audit père un pouvoir de faire la paix, et les articles et instructions qui pouvoient donner lumière de ce qu'il falloit faire en vertu de ce pouvoir. » Les archives des affaires étrangères, fond Allemagne, t. VU, fol. 150 et 160, contiennent ces instructions sous la forme la plus positive, celle d'un c Projet de traité de paix envoyé à M. de Léon le
1630 à peu près comme le ferait aujourd hui l'histoire»
Dès qu'il avait su ce qui se préparait en Allemagne, Mazarin avait redoublé d'efforts pour devancer en quelque sorte le congrès de Ratisbonne et tirer de la suspension d'armes la paix
4 septembre 1630. » Il suffit de jeter les yeux sur ce projet et sur le traité conclu le 13 octobre, pour en apercevoir la différence essentielle et se convaincre que les ambassadeurs français avaient outre-passé leurs pouvoirs. Eux-mêmes le reconnaissent dans une lettre du 19 octobre qui se trouve aux archives des affaires étrangères, Allemagne, t. VII, fol. 451, trop étendue pour qu'on la puisse citer ici, mais que nous signalons à ceux qui voudraient tirer au clair cette obscure et importante affaire. D'ailleurs, il faut bien savoir que le traité de Ratisbonne fut accueilli avec joie, non-seulement par les partisans de la paix à tout prix, par les deux reines et le garde des sceaux Marillac, mais aussi par plus d'un ami de Richelieu, par le cardinal Bagni, par Bouthilier lui-même, qui d'abord y applaudit et qui plus tard, après le coup frappé par Richelieu sur la légation française, eut la loyauté de défendre le traité et la conduite du père Joseph dans une lettre trop peu connue et qui lui fait le plus grand honneur, Arch. des aff. étrang., France, t. LUI, fol. 472, lettre du 30 octobre : « J'ai cru que vous ne trouveriez pas mauvais que pour consoler le bon père je lui écrivisse comme j'ai faict; et en vérité, Monseigneur, lorsque vous prendrez la peine de lire tout au long sa dernière lettre du 19, vous verrez qu'il a agi par un excès de prévoyance, par une appréhension très-grande du mal qui pouvoit estre, afin de le rendre moindre... Cette lettre du 19 août est d'importance... D'ailleurs je vous avoue que in verbo du père Joseph j'eusse presque juré in verba magistri, le cognoissant trèsbon homme et intelligent comme je le cognois... Ce qu'ont dit les anciens de Marte dubio donne sujet de penser qu'il vaudrait mieux avoir accepté le traité, défectueux comme il est... et il falloit un haut et généreux courage comme le vostre pour mépriser le hasard des événements contraires... »