CHAPITRE NEUVIÈME
si nécessaire à l'Italie et à sa propre fortune. Il rencontra de toutes parts des obstacles inattendus et insurmontables.
Depuis la mort de Spinola, on était plus que jamais à la guerre dans les conseils de l'Espagne. Qlivarès nourrissait toujours la pensée chimérique de réparer en Italie les pertes que l'Espagne avait faites dans les Pays-Bas. Le marquis de Sainte- Croix était très-modéré, même jusqu'à l'indécision, et il redoutait un ennemi dont il connaissait le courage et les ressources ; mais autour de lui, ses principaux officiers, soit par jactance espagnole, soit pour faire leur cour au comte-duc, montraient des dispositions tout opposées, et du camp sous Casai on pressait l'ambassadeur d'Espagne à Ratisbonne de faire échouer les négociations ouvertes entre l'Autriche et la France1. Collalto n'avait qu'une pensée, ne se pas compromettre, et pour cela ne rien faire sans les ordres positifs de l'Empereur, qu'il attendait d'un jour à l'autre. Jusqu'alors toute la force
1 Dépêche deMazarin du 5 octobre : « 11 conte duca ha con-
cetto di riparar con gli acquis ti in Italia i danni havuti e che sovrastanno in Fiandra al re di Spagna... » Lettre de Mazarin à Richelieu, du 50 septembre, arch. des aff. étrang., Turin, 1650, t. III,
fol. 506 : « In conformité di quello portavano l'ultime lettere
del conte duca, quel ministro Spagnuolo che è in Italia, volendo avanzarsi uella grazia del detto signore con adherire a suoi sensi, opéra et ha scritlo in Allemagna acciô il duca di Tursi (l'ambassa-
de Mnzarin avait été dans son crédit sur le duc de Savoie. Mais Yictor-Amédée avait appris que l'Empereur embrassait très-vivement ses intérêts et lui garantissait la restitution de ses États, avec tous les avantages que lui avait promis la France ; on parlait même d'une mesure qui lui souriait fort et favorisait ses secrets desseins d'agrandissement dans le Montferrat, la démolition de la citadelle de Casai1. 11 lui importait donc de ne pas refroidir la bienveillance de l'Empereur. Il ne lui importait pas moins de ménager le cardinal de Richelieu, avec lequel il s'était engagé naguère, par l'intermédiaire de Mazarin, à se déclarer ouvertement pour la France, si, le 15 octobre, l'Espagne avait empêché la trêve du 4 septembre
(leur espagnol à Ralisbonne) facci nascer cosa taie che impedischi l'efteltuazione délia pace che si traita, giudicandola pernitiosa agi1 interessi di Spagna nella riputalione e neir essentiale, corne è d'opinione il conte duca il quale, se non si è mutalo, so di certo liaver formato gran speranza délie cose d'italia, parendogli con la presa di Mantova, con li passi di Griggioni e con Casale e la ciladella che stiraa occupa ta a quell' hora, haver oppoituna commodità di conduire a fine i suoi disegni... »
* Dépêche deMazarin à Barberini du 21 septembre : « Il
duca (di Savoia) m' ha delto, e l'ho anche ritrattodai discorsi che ho passato col coionello Chiesa, che S. M. Cesarea... voglia la demolitione délia citadella.. . e parmi d'intendere che il conte di Collalto habbia ricevuto soprà ciô qualche ordine dair Imperatore. Del signor duca di Savoia non dico allro, convenendoli più che a nersuno... •