‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 250 sur 282 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

berg refusait de s'y conformer, il fallait considérer toute négociation comme rompue. L'article en question fut très-soigneusement examiné : il était rédigé dans la langue diplomatique du temps; son authenticité ne pouvait pas être révoquée en doute, a J'ai tenu entre mes mains, dit Mazarin, la lettre de l'Empereur; elle était parfaitement claire, et Piccolomini attestait l'adhésion de l'ambassade française. Il ne me restait plus qu'à me soumettre et à aller, au nom du comte de Colla lto, faire part à M. de Schomberg du susdit article, pour savoir s'il avait le pouvoir et la volonté d'y souscrire1. »

Mazarin se transporta donc, le 29 septembre, au camp français; il y resta jusqu'au lendemain, s'entretenant avec Schomberg de l'état des affaires qui se compliquaient de plus en plus, et

1 Leltre de Mazarin au cardinal de Bagni, datée du camp de

Ja Mante, le 30 septembre, bibliothèque Barberine : « Giunse

il colonello Piccolomini con lellere dell' Imperatore di Ralisbona di 16 slante, e del Binelli, secretario del duca, per S. A... Si fece una conferenza nella quale ricevei V honore d'intervenire anch' io. Scrive S. M. al conte haver monsù di Leone ricevuto il potere che si desiderava per trattare e concludere prontamente cola la pace, soprà la quale si erano di già aggiustuti molti punti de" quali S. M. ne ragguaglia pun tuai mente Sua Eccellenza, dicendo stimarlo necessario acciô nella negotiatione si camini qui conforme si fa a Ratisbona.., dice (Sua Eccellenza) che essendo corne aggiustato con monsù di Leone et il padre Giuseppe il capitolo seguente, voglia includerlo nel Irattalo délia pace : « Quod rex Christianissimus promittit quod Romanorum linpera*

lui donnant toute sorte de renseignements précieux1. 11 lui communiqua l'article convenu à Ratisbonne, et au nom du général autrichien l'invita à le reconnaître. Le maréchal étonné répondit que, sans le respect qu'il portait à Collalto, il ne prendrait pas au sérieux cette communication : il ne pouvait croire que des ambassadeurs français eussent admis une chose aussi extraordinaire, entièrement opposée aux intentions du roi et du cardinal de Richelieu, et qui ruinait à jamais le crédit de la France. Si en effet la France déclare qu'elle abandonnera ses alliés dans le cas où ils auraient une querelle avec l'Empire, qui voudra faire alliance avec un gouvernement désarmé et impuissant, proclamant lui-même que ses amis n'en doivent

torcm, sacrum Romanum Imperium, ejusque status et ordines, et Majeslatis Cœsareae régna ac provincias nulla ratione per sevel alios, directe vel indirecte offendere, vel Majestatis Csesareae sacrique Imper ii hostibus declaratis vel declarandis quovis modo assistera velit. »... Essendo la lettera deir Imperatore ehe ho havuta in mano, chiarissima, e gli avvisi che ha S. A. conformi con essa e con quello che in voce riferisce il Piccolomini, a me non restô di dir altro che mi trasferisca qui per dar parte al signore di Sciombergh del sudetto capitolo... »

1 Arch. des aff. étrang., Turin, 4630, t. IV, fol. 6, Schomberg à Richelieu, du 1" octobre : « ... Ledit Mazarini m'a dit qu'il jugeoit à propos de m'informer de tout ce que disoient nos ennemis, afin que sur ces discours je fisse tel fondement que je voudrois... » Suivent, rédigés en douze points, les avis donnés par Mrzarin, qui sont très-importants et témoignent à la fois de sa pénétration et de sa bonne volonté envers la France.

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