CHAPITRE NEUVIÈME. 5G
maréchal et même avec Richelieu, qui était allé a Turin faire part à la duchesse du rétablissement du roi son frère. Cette tentative n'ayant pas réussi1, elle-même adressa au général français une autre demande qu'elle accompagna de ses séductions accoutumées et qu'elle croyait bien ne lui pouvoir être refusée, celle d'une simple prolongation de la trêve qui finissait le 15 octobre. Schomberg résista à toutes ces sollicitations, s' excusant sur ce qu'il devait au roi son maître*. Victor-Amédée en revint à l'adroit chargé d'affaires pontifical et le pria d'aller de
1 Dépêche de Mazarin au cardinal Barberini, du 5 octobre : « ... Pensava il duca dichiararsi n eu traie, ma non sa risolversi, non aprendosegli strada di assicurare i suoi stali... » Lettre de Schomberg à d'Hérnery, du 9 octobre, arch. des alï. étrang., ibid.9 fol. 44 : «... La proposition de neutralité qui est faite est un conseil des ministres de l'empereur et du roy d'Espagne aussi bien que de M. de Savoye, en sorte qu'il ne faut pas croire, comme vous le présupposez, que cela puisse désunir ce prince d'avec eux... ils veulent par cette neutralité le mettre à couvert et se donner moyen de retirer toutes leurs forces (du Piémont), afin d'estre en meilleur estât de s'opposer aux nostres. Assurez-vous que c'est le sens moral de celte proposition... Toutes ces raisons et mille autres que je n'ay pas loisir de vous mander, me font ré» soudrede refuser absolument la neutralité de H. de Savoye... •
* Dépêche de Mazarin à Barberini du 17 octobre : c..« Il medesimo officio con lettere efficacissime haveva passalo Hadama... ma tuttofù indarno, rispondendo sempre Sciombergh a Madama che, di ttitto quello che non fosse stato pregiuditiale al servitio di S. M., ne poteva Si A. disporre ; che del resto traltaîidosi* con Una pro^ roga senza haver nessuna certezza délia pace, di mettere in pessimo stato gl' interessi del re e per appunto rincontrare il desi»
nouveau trouver le maréchal pour en arracher au moins un délai de quelques jours. En vain le jeune diplomate, qui lui-même, dans une lettre à Richelieu, avait exprimé l'opinion que toute prolongation de la trêve élait défavorable aux armes du roi l, et qui connaissait à cet égard l'invincible résolution du cardinal et de Schomberg, représenta au duc l'inutilité d'une pareille démarche : il fallut obéir, et, le 1 2 octobre, Mazarin se rendit au camp de la Mante ; il y retourna même le 14, la veille du jour où expirait l'armistice. Il apportait à la fois des promesses et des menaces. Si Schomberg accordait un délai, Vietor-Amédée s'engageait à lui fournir pendant ce temps toutes les subsistances dont il aurait besoin ; et Collalto déclarait qu'au premier mouvement des Français l'armée autrichienne et l'armée piémontaise iraient se joindre aux Espagnols, et que ces trois armées réunies agiraient de con-
derio dei suoi nemici.... ne S. E. vi poleva acconsentire non vedendo di poter rispondere con altro a S. M. d una simile attione che cou la testa, ne si persuadeva che S. A. amasse cosi poco suo fratello che volesse essere médiatrice del suo danno tanto notabile... »
1 Arch. des aff. étrang., Turin, t. Ilï, fol. 506, lettre de Mazarin à Ricl.elieu du 30 septembre : «... Non so se convenghi prolongnr la tregua, quando V. Emin. non habbia avviso che la negotiatione in Ralisbona sii ridotta a segno che renda certo l'accommodamento, poichè in a lira forma si difticultarebbe maggiormente il passaggioa Casale nella fined'aulunno... »