CHAPITRE NEUVIÈME. 5G
cert au nom de l'Empereur. On ne pouvait pas douter que les négociations ne fussent bien près d'être terminées à Ratisbonne ; était-il sage alors d'entrer si tôt en campagne et d'aller chercher une bataille, quand le lendemain peutêtre on apprendrait que la paix était faite? Schomberg répondit que perdre du temps c'était jouer le jeu de l'ennemi, et qu'en différant de secourir la citadelle de Casai on risquait fort d'être obligé de la remettre aux Espagnols à la fin d'octobre, d'après la convention du 4 septembre : la prudence la plus vulgaire exigeait donc qu'il allât d'abord délivrer la citadelle pour avoir le droit de rentrer dans la ville le plus tôt possible. Il ne fallait pas oublier qu'au premier bruit d'une prolongation de la trêve, à la moindre apparence d'un arrangement, la noblesse française, impatiente de revoir ses foyers, ne manquerait pas de se dissiper, et on ne retrouverait point aisément une semblable armée si plus tard on en avait besoin et que la paix trompât encore une fois toutes les espérances. D'ailleurs il accueillerait les propositions sérieuses qu'on voudrait lui faire, en marchant et pendant sa route aussi bien que dans son camp1.
4 Dépêche à Barberini du 10 octobre : «... Io parlîrô domani per procurar la detta dilatione. » Dépêche du 17 octobre : «... Ritardando la partenza un giorno... In somma non riportai altro
Et il annonça à Mazarin que Tordre était donné à toutes les troupes françaises dispersées en Piémont de se rassembler le 15 octobre dans la plaine de Scarnafix, près de Saluées.
Là, en effet, le 15 octobre, il y eut une revue générale de l'armée. Il se trouva au rendezvous à peu près dix-neuf à vingt mille hommes d'infanterie et deux à trois mille chevaux. Le comte de Sault, fils du maréchal de Créqui, amenait un petit corps de gentilhommes du Dauphiné, bien équipés, bien armés, et remplis d'ardeur. Schomberg avait fait appel à la vail-
che un' assolula negativa délia delta proroga... La mattina de* 15, ritornai a Riva, dove diedi parte del tuito alli signori duca di Savoia e conte di Collalto... onde giudicô S. A. che io ritornassi alla Manta... Parlii il giorno de' 14... Non sendo giunto alla Manta prima delli 14 d'ottobre a hore otto délia sera... » Déclaration de Collalto : • ... Dice il signor conte di Collalto che queste trearmate, cioé l'impériale, la caltolica e quella del duca di Savoia, ne formano solamente una che opéra per l'Imperatore, e conseguentemente, in un Irattato sotloscritto dà tutti tre, quello che si dice di uno si intende di tutti... d Ces diverses démarches de Mazarin sont rappelées dans une importante lettre de Schomberg à Richelieu datée du 15 octobre, que nous regrettons de ne pouvoir donner tout entière. Àrch. des ait. étrang., Turin, 1650, t. IV, fol. 75 : c Si vous saviez les artifices dont le prince de Piedmont et le Collalte se sont servis pour obtenir de vous une prolongation de trêve ou retarder de quelques jours le partement de vostre armée, vous seriez bien confirmé en la créance que vous avez qu'il n'y a pas de plus grands trompeurs au monde que ces gens-là. Le sieur Masarini... vint me trouver il y a quatre jours pour cet effet... Madame m'a escrit demi-douzaine de fois avec la plus grande instance pour obtenir cette prolon-