‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 254 sur 282 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

lante noblesse de cette grande province, ne lui demandant qu'une courte campagne et lui promettant une bataille. On fit de l'armée entière trois corps, divisés pour marcher et pour vivre, et se pouvant réunir aisément pour combattre. Chacun de ces corps avait à sa tête un des trois maréchaux de France, Schomberg, la Force, Marillac; mais il avait été bien entendu que le jour du combat il n'y aurait qu'un commandant et qu'un chef. Les maréchaux avaient sous eux des maréchaux de camp d'un mérite reconnu, entre autres, Brézé, Feuquières, d'Arpajon, la.

gationt.. Et pour couronner l'œuvre ledit sieur Masarini revint hier soir et m'apporta des extraits de lettres qu'il dit que le Collalte a reçues de Ratisbone datées du G de ce mois» par lesquelles on Tassure que la paix est résolue et qu'ifaura dans deux jours un courrier de l'Empereur qui lui en apportera la nouvelle... Le Masarini dit que ces messieurs ont fait venir des troupes du Mantouan... Si ces pantalons de Venise eussent fait voir leur année sur les confins dudit Mantouan, ainsi que j'avais mandé à M. d'Avaux, ils eussent sans doute retenu les forces qui sont venues de ce costé-lâ, lesquelles Dieu aidant nous battrons, si nous pouvons être si heureux que de les engager à une bataille qu'ils fuiront sans doute tant qu'ils pourront... » Voici la fin de la lettre : • Je vous envoyé une lettre du sieur Masarini, par laquelle vous voirez comme M. de Savoye s'estoit engagé à se déclarer françois, et la réponse qu'il fait sur ce que je l'ai pressé de satisfaire à sa parole. Ledit sieur Masarini vous supplie très-humblement, si vous jugez à propos de déclarer cette parole de M. de Savoye, de ne faire mention de lui, en sorte que cela ne le ruine pas avec le Pape et avec F Espagne. Il a servi du mieux qu'il a pu, et mérite pour cela d'estre ménagé et que vous tesmoigniez lui en savoir quelque gré... »

Ferté-Imbault, avec des aides de camp tels que du Plessis-Praslin, du Plessis-Besançon et Vignoles. L'inspecteur général, et, comme on disait alors, le sergent de bataille était l'habile et expérimenté d'Argencourt. Sept ou huit mille hommes restaient en Piémont sous le marquis de Tavannes pour garder les places conquises et contenir au besoin le duc de Savoie. Le 17 octobre, l'armée s'ébranla, franchit le Pô à Raconis, et s'avança vers Casai1.

Mazarin frémissait de voir s'évanouir les espérances de tout genre qu'il avait placées sur l'armistice obtenu avec tant de peine de tous ces étrangers, impitoyables dominateurs de la mal-

1 Richelieu, t. VI, p. 322, etc. ; Mercure françois, 4630, p. 699, etc.; lettre de Schomberg au roi, du 18 octobre, Arch. desaff. étrang., Turin, 1630, t. IV, fol. 88 : *... Ladite armée est composée de 19,000 hommes de pied et de 2,000 chevaux entre gendarmes, chevau-légers ou carabins, et 400 gentilshommes du Dauphiné ; mais je crois que dans aujourd'hui il nous pourra encore arriver quelque peu de cavalerie, ayant envoyé à Veiglane des gens pour la guider jusques à nous... » Ibid., fol. 94, dépêche de d'Argencourt à Richelieu du 18 octobre, du camp de Raconis : « Je suis arrivé à l'armée le jour du rendez-vous général à Carnafis. Le lendemain, la revue s'est faite, où j'ai vu toutes les troupes, tant d'infanterie que de cavalerie ; le tout peut se monter à 20,000 hommes de pied et 3,000 chevaux effectifs, et d'aussi bons hommes qu'il est possible de voir. J'ai trouvé toutes choses en très-bonne disposition pour le secours de Casai; soit pour avoir les vivres nécessaires, comme pour voir un*chacun très -résolu de parachever cette entreprise, et vous puis assurer que je n'ai jamais vu les soldats et tous les chefs plus contents et plus résolus de bien faire... »

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