‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 255 sur 282 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

heureuse Italie. Us allaient donc s'y établir et s'y livrer bataille, ravageant et saccageant tout autour d'eux ! Déjà les Français occupaient le Piémont; Casai délivré, ils se jetteraient sur le Milanais et iraient faire le siège de Mantoue. L'Autriche et l'Espagne ne lâcheraient pas aisément leur proie, et on ne voyait pas la fin de ces luttes affreuses sur le sol italien. Mais, plus la paix fuyait devant lui, plus le jeune patriote la poursuivait avec une nouvelle énergie. Une circonstance fortuite lui vint en aide. Le nonce Pencirole, peu accoutumé à la fatigue, prit au milieu de tant de courses une indisposition qui le força pendant tout le mois d'octobre et jusqu'aux premiers jours de novembre de laisser les affaires entre les mains de Mazarin. Celui-ci

se trouva donc quelque temps revêtu de Tau-

torité de là nonciature1; et il s'en servit pour lutter avec un redoublement d'activité et de cou-

1 Dépèche de Mazarin à Barberini du 3 et 4 octobre : «... Monsignor Panziroli... mi avvisa délia sua indispositions., m entre gli scrivo lo stato dei presenti affari, gli aggiungo che se ne passi in un luogo di buon aria... • Pencirole à Barberini, 5 novembre : «'... Per haver viaggiato non ben rihavuto dal maie, fui soprapreso dalla febre con dolori di slomaco e di corpo... il signor Ma zz a ri no, con la sua sol i ta diligenza, è andato operando tulto quello che humanamente si doveva... » Parmi tant de lettres de Richelieu, de d'Effiat, de Schomberg, du duc de Savoie, de Passer, nous avons à peine une ou deux fois rencontré, pendant le mois de septembre et d'octobre, le nom du nonce Pencirole : il n'est question que du chargé d'affaires, on ne compte qu'avec lui, et

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rage contre la passion et la fortune en faveur de la paix et de l'Italie.

Avant tout, il s'appliqua à ressaisir son ascendant sur le duc de Savoie. Collalto et Sainte-Croix pressaient le duc de joindre ses troupes aux leurs, et d'arrêter les Français dans quelqu'une des nombreuses et fortes positions qui se rencontrent à chaque pas en Piémont et dans le Montferrat, ou du moins de les harceler sur leurs flancs et sur leurs derrières. Mazarin persuada sans trop de peine à Victor-Amédée de garder ses soldats pour la défense de son propre pays, et de donner l'exemple de cette neutralité qu'il avait tant re* cherchée, en ne s'opposant pas au passage des Français. 11 se fit ainsi une sorte d'accommodement tacite qui permit à ceux-ci de trouver par* tout un assez bon accueil et même des facilités qu'ils reconnaissaient de leur côté en payant exactement ce qu'ils prenaient et en observant la plus sévère discipline1. Leduc inventa des prétextes pour ne pas agir, et se tint immo-

on lui donne le litre de ministre du Pape. Ainsi, une lettre autographe du duc de Savoie à Mazarin, du 23 octobre, porte cette suscription : « Al molto illustre signor, il signor Giulio Mazarin i, ministro délia Santitàdi nostro S ignore. • Arch. desaff. étrang., Tuant, 1630, t. IV, fol. 113.

1 Arch. des aff. étrang., Turin, 1630, t. IV, fol. 82, lettre du 17 octobre de Mazarin à Pompeo Frangipani, officier italien depuis longtemps au service de France, maréchal de camp dans le corps de Schoraberg, et avec lequel Mazarin était fort lié: • Ho

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