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de profondes défiances sur les dernières intentions de Richelieu, et se ménageant en secret les bonnes grâces et la protection de l'Autriche pour d'autres combinaisons et un autre avenir1.
Mazarin se rendit ensuite au camp de Sainte- Croix, et y resta le 25 et le 24 octobre2. On s'accorde5 à représenter le général espagnol comme
* On ne peut dire tous les efforts que fit le duc de Savoie pour gagner à ses intérêts le général autrichien pendant cette dernière, quinzaine d'octobre. 11 le flaire, il lui fait des régals, de riches cadeaux: il entre dans ses sentiments et ses calculs de vanité et d'intérêt. Collalto, en retour, lui promet son appui auprès de l'Empereur. Il essaye de lui prouver que, si la guerre continue, Thiver venant en aide aux Espagnols et aux Impériaux, l'armée française, forcée de reculer, ne peut pas manquer d'être exterminée dans sa retraite. Il conseille au duc de se mettre à la tête des forces combinées de l'Empereur et de l'Espagne, et par là de s'assurer de grands avantages en Italie. Le duc prête l'oreille à ces conseils, un mois à peine après avoir fort bien accueilli la proposition que lui faisait la France d'envahir avec elle le Milanais et d'en partager les dépouilles. Voyez les lettres de Passer au duc de Savoie des 23, 24, 25 et 26 octobre, Arch. des aff. étrang,, Turin, 1630, fol. 119-131.
8 Passer au duc de Savoie, 23 octobre : «... Mazarini è parlito... » Lettre du 24 octobre : « II Mazarini non è ancor di rilorno, ne habbiamo sin a quest' hora lettere sue, ne del murchese di Santa Croce, onde siamo per anco incerti di ciô che sarà seguilo... »
5 Nous avons déjà cité, p. 528, le passage de Brusoni sur le caractère du marquis de Sainte-Croix et « solite sue perplessilà d ingegno e di parlito. » Le mémoire anonyme imprimé dans la Rivistà contemporanea, va encore plus loin : « Uorno di non multo spirito, ma ben dabbene e timoroso di Dio... Conosceva Mazarino nella personna del M irchese Santa Croce il timoré che haveva di non perder quelle sue genti, e la gran volontà di venir ail' aggiustamenlo et in somma yeduta questa debolezza del Marchese lo esortava air aggiustamento... • Passer, dans sa; lettre au duc de
un officier plein d'honneur, mais irrésolu, et d'une piété scrupuleuse qui donnait sur lui une asçez grande prise à un ministre du Saint-Père. FI n'entendait pas risquer ses soldats sans une évidente nécessité. Mazarin lui peignit l'armée française telle qu'il venait de la voir, parfaitement unie, admirablement commandée, toute remplie d'esprit martial et de celte furia francew irrésistible dans une première rencontre. Le traité de Ratisbonne lui enjoignait, sous peine de désobéir h l'Empereur, de sortir de la ville dans quelques semaines. L'armistice du 4 septembre, que lui-même avait signé, avançait un peu cette sortie, il est vrai; mais pour quelques jours de plus ou de moins, pouvait-il aller de gaieté de cœur au-devant d'une bataille très-hasardeuse? S'il la perdiiit, le lendemain, ce ne serait plus Casai, mais Milan et le Milanais tout entier qu'il aurait à défendre. Ces raisons élaient bien faites pour toucher Sainte-Croix, et il promit de conformer sa conduite à celle du général autrichien.
Savoie du 25 octobre, dit aussi que Sainte-Croix ne voulait pa< compromettre ses soldats : «... Il signor conte di Collalto mi ha risposto d'haver risoluto col duca di Lerma che si sarebbero avanzati a Monlechtaro, nia che egli (il signor Marchese) non vuole perder la gente » Et Mazarin, après son entrevue avec Sainte- Croix, de retour auprès de Passer, lui dit « che glt Spflgntioli hnnno* mollo paura e che il marchese di Santa Croce è pet consentir e in qUalsivogliatemperamento x Lettre de Passer du 85 Oc*
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