‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 263 sur 282 · CHAPITRE NEIJVIEMï:. J · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEIJVIEMï:. J

atteignit San Martino, traversa la Gatola, et en apercevant enfin les murs de Casai et les lignes espagnoles, elle poussa des cris de joie, impatiente de combatlrc. Ce jour-là, Schomberg commandait seul, et il faisait avancer ses troupes quand Mazarin arriva. Ils eurent ensemble un court et décisif entretien. Les connaissances militaires de l'ancien capitaine d'infanterie secondaient heureusement le chargé d'affaires pontifical. Il fit remarquer à Schomberg la disposition du camp espagnol, placé hors de la portée du canon de la citadelle, et formant lui-même une citadelle véritable, tant les ingénieurs de Spinola en avaient bien fortifié le front et tous les côtés au moven de bastions et de demi-lunes savamment construites, eu sorte qu'il en faudrait faire le siège en règle, et on savait ce que valent les Espagnols derrière des murailles. L'armée ennemie était forte de vingt-deux mille hommes de pied et de cinq ou six mille chevaux. Elle comprenait les troupes espagnoles et italiennes qui étaient restées attachées au siège de Casai et celles que Spinola avait d'abord prêtées puis redemandées au duc de Savoie. Collalto s'était empressé d'envoyer au marquis de Sainte-Croix trois mille hommes qu'il venait de recevoir, avec trois régiments que Piçcolomini amenait du Mantouan, le régiment même de Collalto, celui de Brandebourg et ce-

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lui du duc de Saxe, la lâcheté des Vénitiens qui n'avaient pas même osé se montrer sur la frontière, ayant permis de ne laisser à Mantouo qu'une très-faible garnison sous le commandement d'Àldringher. Il était survenu la veille même de nouveaux renforts, et la cavalerie allemande était double de celle des Français1. Toiras, malgré son audace, avait si peu de monde qu'il ne pouvait faire une diversion bien sérieuse, f/enlreprise de forcer un camp ainsi retranché et défendu était donc au moins incertaine; elle exigerait peut-être bien du temps et coûterait des torrents de sang. La valeur des Français et les talents de leur général remporteraient sans doute; mais après les plus brillants faits d'armes, Schomberg se trouverait lui-même

1 Dépêche de Mazarin au cardinal Barberini du 6 octobre ; «... Tutta questa soldatesca, per il calcolo clie faccio, non eccerierà in campagna il numéro di 22 mila fanti, e 5 mila cavalli... ollre le prime genti Allemanne, vi si sono aggiunti li 3000 venuti tiltimamente, e v' arriveranno tre altri regimenli condotti dal Mantovano e dal colonello Piccolomini, cioè quello del signor conte di Collalto, di Brandemburgh e Sassonia... » Arch. desaff. étrang., Turin, 1630, t. IV, fol. 101, lettre des trois maréchaux de France au roi, du 20 octobre: «... On dit que les ennemis seront au nombre de 20,000 hommes de pied et de 6000 chevaux, ayant fait venir de l'infanterie et cavalerie duMantouau... » Ibid., fol. 119-131, lettre de Passer au duc de Savoie du 25 octobre: «... In effetto, con la gente ch' arriva questa sera, sono più forti d'infanteria et al doppîo di cavalleria con l'avantaggio délie forti ticatiom... •

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