‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 264 sur 282 · CHAPITRE Mit VIE ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mit VIE ME

très-aflfaibli, incapable de rien tenter de grand sur le Milanais et le Manlouan, ayant en tête une armée vaincue mais non pas détruite, et sur ses derrières le duc de Savoie très-peu sûr, qui, poussé au désespoir, pourrait bien se joindre à l'ennemi, comme on l'en pressait, se jeter sur les Français, couper ou inquiéter leurs communications1. Au lieu de s'engager dans de pareils hasards, il était facile de parvenir au même but par un autre chemin : l'armistice du 4 septembre, combiné avec le traité de Ralisbonne, donnait le moyen de faire admirablement les affaires de la France, pourvu qu'on ménageât un peu l'honneur de l'Autriche. Les Espagnols remettraient la ville de Casai au duc de Mantoue ; les Fran ais lui remettraient aussi la c'tadélie, comme ils l'avaient toujours promis. Le maréchal n'avait jamais rien demandé de plus; il devait donc être satisfait. Que lui importait après cela qu'un commissaire autrichien entrât dans Casai et y demeurât avec le duc de Mantoue jusqu'à ce que celui-ci eût reçu l'investiture? Ce commissaire n'était évidemment qu'une invention pour couvrir la dignité de l'Empire et sauver les apparences. Mazarin se garda bien de dire à Schomberg qu'il s'était déjà prévalu de

1 Brusoni, p. 164 : «... Goa loslato di Milano nimico aile bpalle e col Piemonte d'ambigua fede... »

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son consentement auprès de Collalto; il ne lui parla pas de laisser entrer dans Casai une garnison allemande, ce qui eût rompu sur4e champ la négociation; il se réduisit à l'essentiel de la proposition qu'avaient très-vérilablement acceptée Collalto et Sainte-Croix, hasardant beaucoup, selon sa coutume, et ne s'arrètant pas avec trop de scrupule à la lettre de ses pouvoirs, afin d'enlever en quelque sorte un accommodement auquel étaient attachés de si importants intérêts. De son côté, Schomberg ne se dissimulait pas qu'il allait jouer un très-gros jeu, et qu'il le jouait à la fois sans ordre et sans nécessité : car depuis longtemps il n'avait pas reçu un seul mot de Richelieu; on Venait lui offrir ce qu'il avait loujours réclamé, la sortie des Espagnols de la vilU* de Casai; et en vérité il n'y avait pas d 'ombrage à se faire de ce fantôme d'un commissaire impérial sans troupes qui lui appartinssent et environné de celles du duc de Mantoue. Déjà $eb deux collègues lui savaient mauvais gré d'avoir à Canaie repoussé la paix ; il comprenait qu'en la rejetant ici une seconde fois, il s'imposait une nouvelle et bien plus grave responsabilité. 11 répondit donc qu'il accepterait volontiers l'arrangement dont lui parlait le ministre du Saint- Siège, mais que c'élail au marquis de Sainte-Croix à le proposer, qu'il était bien tard pour qu'il fut

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