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possible d'éviter une affaire, et il alla se mettre à la tête de ses troupes et faire les derniers préparatifs du combat.
Mazarin retourna bien vite auprès du général espagnol et lui mit sous les yeux l'inévitable désastre qui l'attendait s'il se refusait à une démarche qui seule pouvait sauver son armée. Sainte-Croix, un peu doublé, se rendit et lui donna carte blanche l .
Déjà la bataille était presque engagée. Toira* était sorti de la citadelle avec deux ou trois cents cavaliers et à peu près autant d'hommes de pied, pour voir ce qu'il pourrait faire, L'armée espagnole et impériale présentait ses lignes bastionnées d'un aspect formidable. Au dedans, on apercevait le marquis de Sainte-Croix armé de toute*
1 Benedetti, p. 54; Brusoni, p. 183, et le mémoire de la Rimta contemporanea. C'est en effet du côté des Espagnols que partit la proposition qui mit tin à fa guerre. Richelieu met du prix à le bien constater, t. Vf, p. 337 : «... Sur ces entrefaites, comme on alloit toujours en avant, les ennemis.., tesrnoignérent tout d'un coup n'avoir point envie de combattre, mais plutôt de donner aux armées du roi la satisfaction et l'honneur qu'elles pouvoient souhaiter, el pour cet effet envoyèrent en diligence Mazarin vers le maréchal de Schomberg... pour lui offrir de la part du marquis de Sainte-Croix ce qu'il a voit toujours refusé jusque-là... » Arch. des aff. et rang., Turin, ibicL, fol. 145, Schomberg à Richelieu, du 27 octobre : «... L'affaire a réussi le plus glorieusement du monde pour les armes du roy, les Espagnols ayant condescendu à une condition qu'ils avoient refusée jusqu'à ce qu'ils nous ont vu à la porlée du mousquet de leurs retranchements. .. »
puces et entouré de son état-major; Galas était à la tête des vieux régiments d'infanterie de l'Empire ;• et Piecoloniini commandait toute la cavalerie allemande : c'était lui qui devait commencer le combat1. Schomberg s'était placé au centre de l'armée française; il avait donné la droite au maréchal de la Force et la gauche au maréchal de Marillac. Tous trois s'avançaient de front. A une portée de fusil, on fléchit le genou pour faire la prière. Les soldats relevés, on leur adressa quelques discours afin d'animer encore leur courage. « Jamais, dit Richelieu*, il ne se fit un plus beau jour. 11 semblait que le soleil eût redoublé sa lumière pour faire voir plus distinctement les particularités d'une si grande et si importante action. » Il pouvait être environ quatre heures après midi. La cavalerie avait l'épée et le pistolet à la main; l'infanterie marchait d'un pas égal, avec résolution et gaieté. Le canon des Espagnols commençait à tirer et à faire des ravages dans nos rangs, sans y apporter la moindre confusion, ni faire pâlir un visage. L'attente d'un
1 Histoire inédite de Victor-Amédée par l'abbé Casliglione : «...Stavail Galasso disposto alla battaglia. Al Piccolomini eru dato comando dal Santa Croce di principiar gli altacchi con la cavalleria avversaria. Il générale (Santa Croce) armalo di tutlo punto, nel mezzo dell' essercilo, riceveva hor ricusava le proposition! del Mazarini... »
* T. VI, p. 335 et suivantes.