CHAPITRE NEUVIÈME
faire part à Richelieu de l'usage qu'il venail de faire de ses pleins pouvoirs, et les trois maréchaux rendirent compte au roi de ce glorieux événement1. Leurs dépêches étaient à peine expédiées qu'il leur arriva deux lettres, l'une de Richelieu, l'autre du roi, datées du 22 octobre, bien ayant qu'à la cour on eût pu connaître l'énergique résolution prise le 20 octobre à Canale. Ces lettres annonçaient aux généraux de l'armée d'Italie que le roi ne ratifiait pas le traité de Ratisboune, et leur commandaient de ne s'y
vembre passé, l'investiture estant donnée ou refusée à M. le duc de Mantoue par l'Empereur, ledit commissaire impérial sortira de Casai et du Montferrat ; Que le 27* octobre, les armées de l'Empereur et du roy d'Espagne commenceront à se retirer dudit Montferrat, où il ne demeurera une seule de leurs troupes et que l'armée françoise sortira aussi en mesme temps dudit pays ; Que de ce jour, 27e octobre, le commerce sera libre entre les subjets de l'Estat de Milan et ceux du Montferrat, sans que Ton les puisse empescher de traffiquer les uns avec les autres ; Qu'à cause qu'il n'est pas possible aux Espagnols de retirer si promptement tous les canons et munitions de cuivre qu'ils ont dans Casai, il leur sera donné quelques jours pour cet effet, et que M. du Mayne les fera assister en cela de tout ce qui lui sera possible. Toutes ces choses furent prononcées par M. Masarini, estant au milieu des susdits généraux des deux armées, et son dire fut approuvé de toutes les parties qui se promirent solennellement les unes aux autres de les exécuter de bonne foy, et que le lendemain l'on metlroit ce que .dessus par écrit et l'on le signeroit. Cela dit, lesdits généraux des deux armées se retirèrent, et celle de France alla loger à Fressinet du Pô. Le 27% M. Masarini revint dire que le comte de Collalte, vers lequel il estoit allé, approuvait et ratifiait tout ce qui s'estoit passé. »
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point arrêter. Qu'on juge de la joie des trois maréchaux et surtout de Schomberg! La crainte d'avoir trop engagé son gouvernement et luimême faisait place au légitime orgueil d'avoir deviné et prévenu les nobles inspirations du cardinal et du roi. Use félicita auprès de Louis XIII d'être si bien entré dans ses intentions1, etMazarin, qui n'avait pas eu le temps d'écrire un seul mot à son ministre, le cardinal Barberini, trouva bien celui d'adresser à Richelieu un billet très-court, il est vrai, mais fort significatif, où, répondant indirectement à ses défiances*, il lui dit, avec un certain air de triomphe, qu'il laissera les faits témoigner eux-mêmes s'il désire sincèrement le servir. 11 lui répète, en homme qui se sent digne d'être écouté, que le duc de Savoie est et veut être son ami et le serviteur du roi de France. Il aurait d'importantes communications à lui faire, et il exprime le désir d'aller bientôt lui présenter ses hommages5.
« Arch. des aff. étr.f Turih, t. IV, fol. 163, lettre du 28 octobre.
* Voyez la lettre de Richelieu à Mazarin, page 555, note 3.
* Ibid., t. III, fol. 279 : « Eminentissimo e reverendissimo Signore, padrone mio colendissimo, le cose sono ridotte a tal termine e con tanta ripu talion e delP armi di Sua Maestà che non mi resta dà rispondere alla lettera di Vostra Eminenza de' 7 oltobre ; basta che gl' effettî siano quelli che dimostrino ail' Eminenza Vostra il desiderio che ho di servirla. 11 signormarescial diSciombergh darà cosi puntual raguaglio ail* Eminenza Vostra del seguito qui che non credo potervi aggiunger cosa alcuna; sola-