‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 27 sur 282 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

mains. Ce traité fut signé d'urgence le 25 décembre 1627 4, la veille même de la mort de Vincent II, entre le duc de Savoie et Gonzalès de Cordova, gouverneur du Milanais. On

1 Le traité du 25 décembre 1627 étant en quelque sorte une convention privée, ne se trouve pas dans le Corps diplomatique de Dumont. Mais la preuve sans réplique de l'existence de ce traire, c'est que nous eu voyons la ratification dans une pièce du 20 décembre 1628, insérée dans la collection piémon taise déjà citée, 1. 1", p. 535. Elle y est intitulée : • Ratification du roi d'Espagne du traité signé, le 25 décembre 1627, avec le duc de Savoie, pour V acceptation du duché de Mont ferrât. » Cette ratification, faite en double, à Madrid, en espagnol et en italien, et signée par le roi d'Espagne, dit positivement que, le 25 décembre 1627, le duc de Savoie et le gouverneur de Milan firent une convention en vertu de laquelle ils devaient entrer dans le Montferrat avec leurs troupes, au nom de l'Empereur, à qui seul il appartenait de décider, en sa qualité de seigneur feudataire, qui devait posséder ce duché, et qu'en attendant cette décision, ils se partageraient le Montferrat selon les accords passés entre eux, secondo li accordi pattuiti Ira il delto duca mio zio e don Gonsalo di Cordova, a cuiin tatto e per tutto mi rimelto. Le 16 janvier 1628, le roi d'Espagne a approuvé la convention, et aujourd'hui 20 décembre il la confirme solennellement; il déclare qu'il tiendra fermement la main à l'exécution des arrangements arrêtés, et ne s'en laissera détourner par aucun motif, prétexte ou excuse, etc. La France avait eu connaissance de ce traité secret du 25 décembre 1627. Archives des affaires étrangères, Rome, dépèche de l'ambassadeur français, le comte de Béthune, du 25 mars 1628 : • J'ai toujours pensé que si le duc de Savoie se portoit à la guerre, il trouverait les Espagnols disposés à le favoriser, afin d'avoir prétexte d'usurper Casai et Moncalve, qui est la part que l'on dit qu'ils se sont réservée en la distribution qu'ils ont faite du Montferrat par le traité fait avec ledit sr duc de Savoie, et par le moyen de laquelle part ils se rendront maîtres du reste quand il leur plaira. »

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se hâta de l'envoyer à Madrid, au roi d'Espagne, qui l'approuva le 16 janvier 1628, sauf à le ratifier plus tard, et, sans perdre de temps, on l'exécuta.

Le 25 février deux armées sortirent de Turin et de Milan, et se répandirent comme un torrent dans le Montferrat. Charles-Emmanuel, avec ses Piémontais aguerris et disciplinés, fondit sur le territoire qu'il s'était attribué, eut aisément raison des troupes italiennes incapables de tenir en rase campagne, et massacra impitoyablement les garnisons des villes qui osèrent résister. La garnison de Mont-Calvo fut presque tout entière passée au lil de^l'épée par le fils aîné du duc, le prince de Piémont, Yictor- Amédée. Trino se défendit vaillamment, et ne se rendit qu'après seize jours de tranchée ouverte. De son côté, Gonzalès de Cordova était venu mettre le siège devant Casai, et comptait bien s'en rendre maître par la trahison d'un officier de la place qu'il avait gagné à prix d'argent. Cet indigne Italien s'appelait Spadino. La conspiration fut découverte, et le traître précipité du haut des remparts. Le duc de Mantoue avait mis dans Casai quatre mille hommes de ses moins mauvaises troupes. On ne pouvait emporter d'un coup de main une semblable forteresse ; mais avec d'aussi médiocres défenseurs, on se flat-

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