‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 30 sur 282 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ses protecteurs. L'instinct de l'intrigue et la passion d'avancer lui avaient déjà enseigné cet art de complaire au moyen de cadeaux plus ou irioins considérables, selon l'état de sa fortune, que nous le verrons pratiquer en grand dans la suite de sa carrière1. Les Colonna le célébraient à l'envi. Le Pape, vivement sollicité, répondait à l'un d'eux, le 17 mars 1629 : «Oui, je lésais, il a beaucoup d'esprit, et je veux l'avancer*.» Un peu plus tard, on l'accrédita person-

1 Archives des affaires étrangères, Rome, 1629, 10 mars, Pierre Mazarin mande à son fils que tous les cadeaux qu'il a envoyés sont arrivés à leur adresse.

1 Archives des affaires étrangères, Rome, Pierre Mazarin à son fils Jules, le 17 mars 1629.11 a reçu sa lettre avec la feuille d'avis qui y était jointe, et il s'est empressé de communiquer cette feuille au cardinal Colonna qui Ta fait passer à monseigneur Macarani, pour que celui-ci la montrât au cardinal secrétaire d'État ou au Pape, c H signor duca di Marsi (don Carlo Colonna, frère du cardinal Colonna et delà princesse Anne, fils du grand connétable) arrivé qua martedi... e mi fece straordinarie dimostrazioni di cortesia, parlando délia vostra persona con tanto affetto e amore alla presenza di molli cavalieriche ione restai attonito... e molto più quando mi fù detto che la sera alla tavola non si ragiona d'altro che délie vostre manière e merito, et in somma vi pose sopra i cieli. . . Soggiunse il Papa : Egli ha gran spirito, lo vogliamo provedere. 11 medesimo officio fece con l'illustrissimo signore cardinale Barberini e la principessa donna Anna, delli quali ne riportô dimostrazioni d'affetto grande. » Il y a ici bien des lettres affectueuses des divers membres de la maison Colonna, et grâce à leur recommandation et à son propre mérite Mazarin était assez en faveur pour que le 7 juillet, Jean-François Sacchetti lui écrivit qu'il est toujours disposé à le servir, mais que désormais son intervention n'est pas nécessaire parce qu'il est au mieux avec le Pape et le

nellement auprès du capitaine général gouverneur de Milan, où la légation pontificale faisait surtout sa résidence, « comme un sujet d'un grand mérite, cher à Sa Sainteté et au cardinal neveu '. » On recommanda à Sacchetti de l'employer dans toutes les occasions importantes près des princes et de leurs ministres, parce qu'on le savait très-bien avec eux; on l'invita même à ne rien conclure sans en avoir conféré avecMazarin1.

Mais n'anticipons pas sur les services et les succès du jeune secrétaire, et revenons à la

cardinal Barberini : t Sopra il parlar me sta oggi ottimamente con Sua Santità e signore cardinale Barberino. i

* Archives, etc. Lettre du 2 juin 1629, du cardinal François Barberini au gouverneur de Milan. Sacchetti devant être absent quelque temps, Gonzalès est prié d'avoir confiance en Mazarin : « In tanto Vostra Eccellenza havrà campo d'essercitar la sua bontà e confidenza con il signor Giulio Mazarini che sosterrà la vece di lui ed è soggetto meritevole ed accetto a Sua Beatitudine e stimato da me. •

9 Ibid. On écrit de Rome à Sacchetti, le 8 septembre 1629 : • Sara forse meglio mandarvi il Jfazzarino sotto qualche apparente pretesto, corne esso è grato a quelli prend pi e stà ben con alcuno di quelli ministri principali... Stimarei molto a proposito che V. S. Illustrissima non concludesse cosa alcuna senza comunicarla a Mazzarino, e credo che questo possa ancora esser di gusto dei Padroni con li quali potrebbe andar conferendo il tutto. Corne m' assicuro che egli non havrà altra mira che il servitio dei Padroni e di V. S. Illustrissima, e corne quello che ormai ha moite amicizie con cotesti ministri spagnoli , cosi tanto più potrà servirla, ed andar ad essi insinuando délia volontà dei Papa e de* sensi di V. S. Illuslrissima.t

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