CHAPITRE DEUXIEME
à Home soutenir et animer le courage des amis de l'indépendance italienne, s'en vint à Turin bien expliquer au duc que la France n'abandonnerait pas le duc de Mantoue, et qu'elle saurait le défendre ou le venger. Les représentations de Guron n'eurent pas plus de succès que les conseils de la légation pontificale. Au bout de quelque temps, se voyant inutile à Turin, il quitta son rôle de négociateur pour reprendre celui de soldat, et se rendit à Casai. A la mort de Beuvron, il le remplaça dans son commandement. Il fit placer le drapeau français à côté du drapeau italien. L'Italie entière battait des mains. L'espérance entra dans tous les cœurs, et les dames de Casai apportèrent au nouveau gouverneur leurs diamants, leurs bagues, tout ce qu'elles avaient de plus précieux pour qu'il en fit de l'argent, afin de payer ses troupes, et d'empêcher la y ille de tomber au pouvoir de l'Espagne.
à Paris, introducteur des ambassadeurs. Gonzalès de Cordova, qui était alors ambassadeur extraordinaire d'Espagne en France, avait cru ne pouvoir accepter de Louis XIII le présent que le roi lui voulait faire d'une épée de dix mille écus ; aussi lorsque, avec la générosité castillane, il offrit à Guron un riche cadeau pour rendre hommage à la valeur que celui-ci avait déployée contre lui, Guron le refusa sèchement, disant qu'il n'acceptait rien d'un étranger qui faisait si peu de cas de la libéralité du roi, et qu'il n'était pas plus aisé de le surprendre à Paris qu'à Casai. Mercure françois, 1632, p. 36. Dans Tannée 1633, il eut une mission mportante auprès des Suédois. Voyez sur Guron, Pinart, Chronologie militaire, t. VI, p. 89.
Charles-Emmanuel allait apprendre à ses dépens qu'Henri le Grand n'était pas mort tout entier, et que la France était en état de lui donner une nouvelle leçon. L'affaire de la Rochelle à peine terminée, Richelieu s'occupa sérieusehient de celle d'Italie, et jamais il ne fit mieux paraître la fermeté de son caractère, la sincérité et l'énergie de son patriotisme. Il avait le plus grand intérêt à ménager la reine mère, Marie de Médicis, à laquelle il devait tout, et qui était assez peu favorable à une guerre avec l'Espagne. Le cardinal de Bérulle, qui avait pris de l'autorité dans le conseil du roi, et partageait les préjugés de Marie de Médicis, trouvait presque impie de se brouiller avec Sa Majesté catholique, et il aurait voulu que le roi de France et son ministre ne se proposassent d'autre objet que de convertir et de dompter les protestants. Il ouvrit l'avis de mener l'armée royale victorieuse contre les huguenots du Midi. Richelieu voulait aussi ce que désirait si ardemment Bérulle, mais il le voulait en temps utile. Un peu plus lard, on soumettrait Montauban etles autres villes calvinistes , comme on avait soumis la Rochelle; mais il importait avant tout d'arrêter les progrès de l'Autriche en Italie, •et d'établir bien haut en Europe qu'un allié de la France est toujours sûr d'être secouru. Au risque donc de plaire très-médiocrement à la reine