‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 33 sur 282 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

mère, encore si puissante sur l'esprit de son fils, le cardinal exhorta le roi à ne point livrer l'Italie à l'Espagne. Louis XIII était fait pour entendre Richelieu, et, en dépit des efforts du bonhomme de Bérulle1, une lettre royale, partie de Paris le 26 décembre 1628 et adressée au brave Guron, remerciait Casai de son héroïque défense, et lui annonçait de très-prochains effets de la protection de la France.

Ils ne se firent pas attendre. Dès les premiers jours de l'année 1629% dans le cœur même de l'hiver, une armée française s'avança à grands pas

1 II fallait en vérité un autre bonhomme, le P. Tabaraud, de l'Oratoire, pour faire du fondateur de son ordre un homme d'État, et le mettre en parallèle avec le grand cardinal. Bérulle n'est pas de la famille du P. Joseph et de Richelieu, mais de celle de saint Vincent de Paul ; et en parlant ainsi nous croyons lui faire honneur à ses propres yeux. D'ailleurs l'ouvrage du P. Tabaraud, Histoire de Pierre de Bérullet etc., 2 vol. in-8°, 1817, n'en est pas moins trés-recommandable : il a été composé sur des pièces originales, recueillies par plusieurs générations de savants oratoriens, et dont les plus précieuses sont encore aujourd'hui au dépôt des affaires [étrangères.

2 Voyez les Mémoires de Richelieu, t. IV et V, le Mercure françois pour les années 1628 et 1629, et deux ouvrages opposés, presque également importants, ['Histoire de Louis Xlll par Michel Levassor, oratorien réfugié en Hollande et devenu protestant, et Y Histoire du règne de Louis Xlll par le P. Griffet, jésuite. Le protestant a plus de pénétration, mais il abonde en conjectures hasardées, au service de ses passions ;. le jésuite est plus circonspect et en général plus judicieux; le premier écrit sur des Mémoires secrets fournis par les mécontents ou par les ennemis déclarés de la France, le second, sur des pièces authen-

du côté de la Savoie. Louis XIII y était en personne, et Richelieu l'accompagnait. Le duc de Savoie, sommé de laisser passer l'armée, conformément aux anciens traités, répondit en termes ambigus, ne cherchant qua donner à Gonzalès le temps d'emporter Casai, réduite aux dernières extrémités, et à se donner à lui-même celui de hérisser les chemins des Alpes de barricades et de retranchements. 11 envoya à la rencontre des Français son fils aîné, Victor-Amédée. Le prince eut une longue conférence avec Richelieu ; il déclara que les demandes du cardinal lui semblaient si raisonnables qu'il ne doutait point que son père ne les acceptât, et il promit de revenir le lendemain apporter son consentement. Le lendemain , il ne revint point : il . se contenta d'envoyer un courrier pour faire ses excuses, et à sa place le comte de Verrue se présenta pour expliquer les intentions de son maître. Le duc ne se piquait pas plus de fidélité envers l'Espagne qu'il n'en avait montré envers la France, et il proposa nettement d'abandonner ses alliés de la veille, si les nouveaux lui voulaient assurer les mêmes avantages, c'est-à-dire lui reconnaître toute la partie du Monlferrat dont il s'était em*

tiques ou sur des Mémoires français alors inédits. Il est sage de les contrôler l'un par l'a u Ire; mais tous deux s'accordent ici sur le point essentiel, la conduite et le caractère du duc de Savoie.

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