‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 38 sur 282 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

terre, le roi avoit eu avis que le duc empêchoit la bonne intelligence entre les deux couronnes, qu'il tàchoit par tous moyens d'unir l'Angleterre à l'Espagne... De Hollande, le roi étoit averti qu'il promouvoit l'accommodement avec l'Espagne, leur facilitant les moyens de venir à une trêve. En' Italie, il ne faisoit rien de ce qu'il avoit promis : il continuent à faire tout le pis qu'il pouvoit contre le duc de Mantoue... Sur l'évaluation des terres du Mo ntf errât, il faisoit naître tous les jours mille difficultés... Il faisoit des extorsions inouïes dans les terres dont, par le traité de Suse, il demeuroit en possession; il y tenoit des garnisons qui pilloient le reste du Montferrat, lesquelles il y faisoit vivre à discrétion contre ce qui avoit été convenu. Il ne voulut jamais permettre qu'il fût porté un grain de blé dans Casai. Il tira de Novare une très-grande quantité d'armes qu'il fit passer dans le Milanois ; on disoit publiquement qu'elles serviroient à chasser les François de Suse... Bref, en toutes choses il se montroit de cœur double et faisoit tout au contraire de ce qu'il avoit promis au roi, auquel il donnoit de belles paroles, mais les effets témoignoient que le cœur étoit très-en venimé. »

qu'ils étaient ecclésiastiques; le plus connu d'entre eux et dont nous aurons assez souvent l'occasion de parler, est l'abbé Scaglia, frère du comte de Verrue.

L'Empire et l'Espagne, avertis par les derniers succès de la France, préparèrent une campagne plus forte et mieux concertée que la précédente.

À la place de Gonzalès de Cordova l'Espagne résolut d'envoyer, comme gouverneur du Milanais et commandant en chef de toutes les troupes espagnoles, l'un des plus grands capitaines du commencement du dix-septième siècle, le digne rival de Maurice de Nassau, le profond et habile marquis Ambroise Spinola. Né à Gênes, en 1571, d'une famille opulente, Spinola n'avait embrassé qu'assez tard la carrière des armes, bien plus par amour de la gloire et de Fart militaire que pour les avantages qu'on y cherche ordinairement. D était entré au service d'Espagne à l'exemple de son frère l'amiral Frédéric, et passa en Flandre en 1 602 avec une petite armée de neuf mille hommes, levée et entretenue à ses frais. Là, bientôt nommé au commandement général, il se rendit maître d'Os tende en 1604, malgré tous les i efforts de Maurice de Nassau; et ce fut lui qui,

en 1609, signa la fameuse trêve qui assura l'établissement de la république des Provinces-Unies. A l'expiration de la trêve, en 1621, il revint en Flandre, et y mit le sceau à sa réputation par de nouveaux succès, surtout en prenant Bréda

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