‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 39 sur 282 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

en 1625. Rappelé en Espagne et passant par la Rochelle où il était allé voir l'état du siège sur lequel toute l'Europe avait les yeux, on dit qu'interrogé par Louis XIII et Richelieu sur le meilleur moyen de prendre la place, il aurait répondu : fermer le port et ouvrir la main, c'est-à-dire empêcher tout secours du côté de la mer, et animer le courage des assiégeants en les payant bien, selon sa propre coutume. Il passait pour ne pas trop admirer le léger favori du léger Philippe IV ; aussi le comte-duc ne l'aimait guère s, étonne lui avait donné, en 1 629, le gouvernement du Milanais que par nécessité, parce que lui seul paraissait capable de venir à bout de Casai.

De son côté, l'Empereur ne se contenta plus, comme il l'avait fait jusque-là, de prêter à l'Espagne le poids de son nom et la terreur de sa puissance : il voulut la faire sentir, et entrer en scène comme seigneur feudataire des États de la haute Italie, titre un peu suranné, mais qu'il lui importait de maintenir, et dont l'autorité lui semblait avoir été méconnue. Des extrémités de la Bohême et de la Hongrie, des bords du Rhin, et du fond de la Thuringe, une grande armée impériale s'assembla, destinée au fameux et redouté Wallstein, duc de Friedland, qui devait en venir prendre le commandement. En atten-

dant, on la confia au comte Raimbauld de Collai to, issu des comtes de ce nom, originaires du pays de Trévise. Né en 1579 et élevé à la cour de .Vienne* Collalto avait servi l'Empire avec honneur, et il était bien avec Ferdinand II et son principal ministre, le comte d'Eckemberg. Dans un corps usé par les fatigues bien plus que par les années, il conservait une grande ambition. 11 n'entendait nullement descendre au second rang sous l'impérieux Wallstein; il voulait garder son commandement, et même, il aspirait, dit-on, à se faire en Italie quelque principauté semblable à celle de Friedland. Pour cela, il lui (allait la guerre et des succès. Il se les promettait de son expérience militaire; mais, comme il était déjà malade, on l'avait soutenu de lieutenants énergiques, destinés à devenir bientôt fort célèbres dans les guerres d'Allemagne, Àldringer, Galas, Piccolomini l. Sous de tels chefs,

* Aldringer ou plutôt Aldringen était un soldat de fortune qui s'éleva par son intelligence et son courage. Après l'expédition d'Italie, il revint en Allemagne, et il était en 1632, avec Tilly, sur les bords duLeck, devant Gustave Adolphe. 11 devint ensuite un des principaux officiers de Wallstein. 11 commandait l'artillerie, et fut fait comte de l'Empire. Tué en 1634, à Landsuth. C'était un véritable homme de guerre, mais ses grandes qualités étaient déshonorées par son avidité et sa cruauté. — Mathias Galas, et plus véritablement Galasso, d'une noble famille du pays de Trente, était né en 1589, et il parvint rapidement aux grades les plus élevés. Il était en 1629 et 1630, sous. Colla II o, major général de l'armée,

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