‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 40 sur 282 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

l'armée impériale devait pénétrer en Italie en forçant les passages de Grisons et venir donner la main à l'armée espagnole.

Devant de pareils préparatifs, assez mal dissimulés, Venise et Mantoue, directement menacées, réclamèrent, au nom des traités de Suse, le secours de la Savoie et de la France. Urbain VIII s'émut aussi, et voulant donner plus de force à son intervention, il songea à former dans la haute Italie une grande légation, à la tête de laquelle il se proposa de mettre un de ses neveux, le cardinal Antoine Barberini; et il le nomma cardinal légat à Bologne pour qu'il fût plus prèsdu théâtre des événements, et pût, selon les circonstances, faire un plus prompt usage de l'autorité du Saint-Siège, L'ancien nonce Jean- François Sacchetti revint à Rome remplir une charge importante, et le pape lui donna pour successeur un des prélats les plus estimés de la cour romaine, Jean-Jacques Pencirole, alors majordome du cardinal François Barberini, secrétaire d'État, et qui depuis devint lui-même caret depuis il a joué un grand rôle dans l'affaire de Wallstein. Mort à Vienne, en 1647, comte de l'Empire et feld-maréchal. — Otîavio Piccolomini, de la grande maison des Piccolomini de Sienne. Le plus grand général de l'Empire] après Wallstein et avant Montecuculli. Né en 1599, mort à Vienne en 1656 feld-maréchal et prince. Voyez sur ces trois personnages la Guerre de Trente ans de Schiller.

dinalen 1643, et secrétaire d'État sous Innocent X. Maison se garda bien de se priver des services du jeune secrétaire de Sacdietti, qui venait de donner tant de preuves d'activité et de talent et passait déjà pour un homme nécessaire; on l'adjoignit au nouveau nonce, non plus comme son secrétaire particulier, mais comme attaché à la légation elle-même et en faisant partie1, à peu près notre secrétaire de légation, ou le conseiller de légation de la diplomatie autrichienne, ou encore le moderne attaché militaire; car Mazarin avait toujours le rang et Thabit de capitaine d'infanterie.

Il importe avant tout de se bien rendre cojnpte de l'objet que se devait proposer la nouvelle légation pontificale, et des intentions du saintpère. Urbain VIII avait sans doute le cœur trop italien pour ne pas repousser la domination de la maison d'Autriche, mais cette maison lui était chère par son attachement sans tache à la foi catholique, et il n'était pas sans crainte sur le puissant allié qui seul pouvait l'assister contre

1 Toutes les recherches faites pour nous à Rome, aux Archives de la secrétairerie d'État, n'ont pu nous mettre en possession de la nomination de Mazarin, et du titre lé?al et officiel qu'il avait dans cette grande légation de 1629 et 1630; et ni de ses nombreuses dépêches, ni des lettres du cardinal secrétaire d'État, ni de celles de Pencirole, nous n'avons pu tirer aucune conjecture fondée à cet égard.

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