‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 44 sur 282 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Souvent Gonzalès se plaignait de la situation qui lui était faite. C'est faute des troupes qui lui avaient été promises1 qu'il n'avait pu prendre Casai lorsqu'il était presque certain du succès, et maintenant on le laissait sans ordre, sans argent, sans crédit, tout près de voir la guerre éclater, quand la paix serait si facile sans qu'aucune puissance en souffrît dans sa dignité ni dans ses intérêts, si on voulait y mettre un peu de bonne volonté de part et d'autre. Sa conviction à cet égard était telle qu'il se flattait qu'en deux heures il persuaderait Richelieu*. Selon lui, le moyen le plus sûr de faire une bonne

bolezza che for se il mondo pensa. In summa mi fe un' alterato modo di parlare aggîungendo che se si romperà la guerra da dovero, havrà da andar la fronte a più d'uno... Sussequentemente parlando del Re di Francia quasi si ritratto da quello haveva detto, perché mi asseri non esser egli di quelli fanfaroni che dicono che questo non ha forzeda compararse con quelle di Spagria, che ben conosce la grandezza di quella Maestà... »

1 Richelieu, Mémoires, t. V, p. 222 : « Olivarès disoit que Gonzalès lui avoit promis, dès le commencement de ces mouvements, de se rendre maître de Casai et du Montferrat en quatre mois. Celui-ci opposoit à rencontre que le comte (Olivarès) ne Favoit pas secouru d'hommes et d'argent ni en la quantité ni au temps qu'il lui avait promis. »

* Dépêche du 13 juillet : « E per modo di discorso m' aggiunse che teneva il signor card. di Richelieu per principe tanto discreto e ragionevole che quasi si rendeva certo che abbocandosi due hore seco Thavrebbe indotto a persuadere al suo Re che offrisse partiti tali che ne fossi con commune soddisfazione seguita la pace quando veramente quella Maestà inclini a volerla con termini abili. »

et solide paix serait d'assembler en Allemagne, sous les auspices du Pape et de l'Empereur, un congrès de princes et d'électeurs chargés d'examiner et de décider à qui revient le duché de Mantoue. Si les droits de Charles de Gonzague sont trouvés certains, il recevra l'investiture nécessaire; si au contraire il est convaincu de n'être pas l'héritier légitime, les Français ne voudraient assurément pas soutenir une cause injuste ; les princes d'Italie, qui sont aujourd'hui les alliés de la France, se déclareraient aussi pour la justice, et l'empereur Ferdinand H, avec ses forces propres et au besoin avec celles de l'Empire tout entier, se porterait contre quiconque entreprendrait de résister à la sentence prononcée. Ni Charles de Gonzague ni personne ne pourrait élever le moindre soupçon contre un pareil tribunal, placé au-dessus de tout intérêt, de toute crainte, de toute menace. Et puisqu'on croit généralement que la justice est en faveur de Charles de Gonzague, la France et lui devraient invoquer un tribunal qui leur assurerait l'investiture réclamée sans porter atteinte à l'autorité de l'Empereur. Sans doute pour témoigner de leur soumission à la décision, quelle qu'elle fût, de la haute assemblée, les Français devraient préalablement se retirer du pays en litige, le Montferrat, mais ils pourraient fort

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