‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 49 sur 282 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

quatre dépêches envoyées le même jour attestaient sa vigilance, et ses nuits étaient souvent employées à écrire les diverses conversations qui avaient rempli sa journée1.

Mais en même temps qu'il avertissait le Saint- Siège des préparatifs et des menaces des Impériaux et des Espagnols, il lui faisait savoir aussi ce qu'il apprenait des dispositions de la France. Le cardinal de Richelieu n'ignorait pas les dangers qu'allaient courir Venise et Mantoue, et il s'apprêtait à y faire tète. Les places protestantes du Midi soumises, et l'autorité royale solennellement reconnue et solidement établie, il s'était bien gardé de nourrir le feu de la révolte par des rigueurs inutiles. Une sage et sincère tolérance désarmait et apaisait l'armée protestante, et le cardinal s'appliquait à gagner les chefs en leur faisant comprendre que, la liberté de leur foi assurée, ils avaient bien plus d'intérêt à servir le roi qu'à le combattre. Le duc de Rohan, vaincu et découragé, demandait lui-même à traiter. Le bruit se répandait que, réconcilié avec le roi et rentré au service de sa patrie, l'habile général était en route pour Venise, que, delà, il irait offrir son épée aux protestants de Suisse et commander dans les Grisons au nom de la France.

1 Par exemple, dépêche du 9 août : « Di Milano, 9 agosto, a trehore di notte. È orir.ai nVta... »

D'autre part, le maréchal de Créqui, à Turin, sommait le duc de Savoie d'exécuter les traités de Suse; et, en apprenant que les Impériaux s'avançaient vers l'Italie, Louis XIII avait déclaré qu'il ne souffrirait point qu'on opprimât et qu'on dépouillât le duc de Mantoue; que le duc avait fait ioutes les soumissions d'usage pour obtenir l'investiture de ses États, et que les négociations conduites à Vienne avec des démonstrations recherchées de respect et de déférence ayant échoué, il n'avait plus qu'à défendre son allié et l'indépendance de l'Italie1.

1 Bibliothèque Barberine, etc. Dépêche du 1" juillet. Conversation du cardinal de Richelieu et du chargé d'affaires espagnol, Navas : « Il signor Cardinale rispose essersi mosso il suo Re a favor del signor duca di Mantova contro qualsivoglia che lo volesse offendere; onde non poteva ritirar le sue armi d'Italia vedendolo in pericolo d'esser travagliato da quelle del Imperatore, dal quale presupponeva che si havesse à ricevere ogni soddisfatione, mentre ambi i Re uniti gl' havessero fatta istanza deir investitura per il duca di Mantova che non lassava di fare quelli ossequii che sono dovuti alla Sua Grandezza, la quale investitura mostrava il Cardinale di promettersi sicuramente, persuadendosi che Cesare vi si disporrà per le humiliationi del duca e per F interposizione di queste due corone... In oltre erà g'iunto a Chrichi un gentilhuomo che veniva dalla cor te christianissima con lettere di 12 del passato, di dove avvisavano corne il Re havendo inteso T avanzamento delli Imperiali a questa volta, havesse riposto ai segretario Navazza che in tal caso non poteva pensare ad altro che assistere alla libertà d'Italia, e che si erano resi a S. M. due reggimenti delli Ugonotti quali sarebbero venuli a questa volta, che Roano desiderava venire a quai che accomodamento, vedendo maie incaminate le cose sue. • ~ Dépêche du 13 juillet : • Ha

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