CHAPITRE TROISIÈME
Tel était l'état des affaires lorsque, après une longue attente, dans les derniers jours du mois d'août, Spinola vint prendre le gouvernement du Milanais et le commandement en chef des troupes espagnoles. Il apportait avec lui beaucoup d'argent, et il était revêtu des pouvoirs civils et militaires les plus étendus, jusqu'à celui de conclure des traités, de faire la paix et la guerre sans en référer à sa cour. Cependant Gonzalès, en s'en retournant en Espagne; avait dit en confidence qu'il ne portait pas envie à son successeur, et que, malgré tous ses talents, Spinola pourrait bien ne pas retrouver la Flandre en Italie1. Un secret instinct soufflait la même crainte au cœur de l'illustre capitaine. Il était Italien, et venait à regret verser le sang de
riposto don Gonzalo che intendeva persistere il Re di Francia in non voler ritirar le sue armi d'Italia senza veder investito il duca di Nivers de* stati che ora possiede in essa. » — Dépêche du 44 juillet: « M' ha detto che con lettere di 27 del segretario Navazza non viene avvisato d1 altro che délia pace conclusa fra quella Maestà Christianissima e gli Ugonotti, e che s' erà ritirata con risolutione d' assistere aile cose d' Ilalia con tutte le sue forze. t
1 Bibliothèque Barberine, etc. Dépêche du 22 août : • Don Alvaro di Losada, che accompagna Don Gonzalo in Spagna et è inlimo suo, m' ha riferito che S. E. dice di non ha ver invidia al marchese Spinola, se ben resta qui con tanti Tedeschi e danari, e che, se segue la guerra fra due mesi si vedrà non ostante la sua esperienza a che termine si trovarà perché queslo è différente paese di Fiandra, e se cola V è un nemico qui vene sono molli. »
ses compatriotes pour l'orgueilleuse domination de l'Empire et l'ambition d'un duc de Savoie. Il avait acquis sa gloire en Flandre; c'était là le champ de bataille qui lui était' familier et qui lui plaisait ; il ne désespérait pas de le revoir et d'y couronner noblement sa carrière. La gouvernante des Pays-Bas, épouvantée des succès toujours croissants du prince d'Orange, de la prise de Bois-le-Duc et de Vesel, redemandait avec instance le vainqueur d'Ostende et de Breda"1. L'opinion l'appelait. Il y avait auprès de lui des officiers généraux tout prêts à le remplacer2. Lui-même brûlait de terminer bien vite la mission dont on l'avait chargé pour aller ailleurs cueillir des lauriers qui lui souriaient bien davantage. Il n'avait pu empêcher, malgré toutes ses répugnances, l'armée impériale d'entrer
1 Bibliothèque Barberine, etc. Dépêche du 20 septembre : • 0 sia per le cose di Fiandra dove con vivissime istanze la In fa n( a richiama il marchese Spinola, protestandosi col Re che si corre gran rischio mentre non vi si applichi da dovero con la forza e con T assîstenza necessaria di danari, non volendo gli Olandesi dare ôrecchie alla tregua ; o sia per vedere S. E. disposte le cose in modo che si rende difficile il conseguir quei tini che forse stimava facili ; o pure per interessi privati, esponendosi a pericolo di oscurar la gloria che nello spatio di tanti anni e diverse segnalate impresi si è acquistatata ; o per tutte quesle cose insieme, il marchese Spinola sta molto travagliato. •
8 Ibid. Dépêche du 31 août: « Con Sua E. viene il duca di Lerma del quale si dice che accommodate le cose restera governalore di questo stato. »