CHAPITRE TROISIÈME
enfin en Lombardie pour passer dans le Mantouan et le Monferrat, et il lui avait fallu recevoir, à Milan, le comte de Collalto, nommé, dans l'absence du duc de Friedland, généralissime de cette armée qu'on faisait monter à trente-cinq mille hommes de pied et à quatre mille chevaux, ou du moins, selon les rapports les plus modérés, à plus de vingt mille hommes, sans compter ceux qui restaient dans les Grisons l. De nouvelles troupes allemandes étaient même attendues et annoncées. Les Milanais étaient résignés au joug espagnol ; mais ils ne cachaient pas leur haine pour les Autrichiens. Le peuple venait d'insulter dans les rues de Milan un officier que Spinola avait envoyé en Suisse pour conférer avec Galas et Mérode et frayer la route aux Allemands. Luimême avait été reçu aux cris de vive le Génoisl*
1 Bibliothèque Barber ine, etc. Dépêche du 31 août. L'officier qui avait été en Suisse s'aboucher avec Galas et Mérode, et qui avait vu l'armée impériale, le comte de Panigarola assure à Mazarin « che il numéro délia gente ascenderà a 35 m. fanti et 4 m. cavalli senza sette e più fanti che guardavanno i posti nella fihetia e contado di Chiavenna. » — Dépêche du 5 septembre : • Sento di buon luogo che la gente impériale, oltre l'infanteria che é nel paese de' Grigioni, ascende al numéro di 19 m. fanti e 3 m. cavalli. » — Dépêche du 20 septembre : • 11 principe di Monténégro mi assicurô che Collalto confîdentemente gli haveva detto che havrebbe posti in Italia 25 m. fanti e 5 m. cavalli. Ma per altra parte non men sicura intesi che non sarabbero stati più di 15 m. fanti e 3 m. cavalli. »
* Ibid. Dépèche du 24 août : « 11 popolo di quella cîttà lo se-
Colla lto et lui avaient commencé par s'entendre assez mal. Le général autrichien trouvait le général espagnol trop peu occupé' de l'honneur et des intérêts de l'Autriche, et il n'en dissimulait pas son mécontentement1. De leur côté, les Espagnols trouvaient Spinola trop Italien, parce que, dans le remaniement et la reconstitution de l'armée, sa politique et sa justice, et peut-être aussi un patriotisme dont il ne savait pas toujours se défendre, lui faisaient donner des commandements élevés à des officiers italiens dont il était sûr*. Enfin, quinze ou vingt jours n'étaient pas écoulés, qu'il avait vu surgir autour
guitô ingiuriandolo corne causa di tutte le nécessita che passano, merce la guerra, aggiungendo aile maie parole il tirar de' sassî e moite bruttezze. » — Dépêche du 31 août : « Il popolo andava gridando : « Viva il Re di Spagna ! Viva il Genovese che porta F abbondanza al Milanese ! »
1 Bibliothèque Barberine, etc. Dépêche du 20 septembre : « Parlando il conte Collalto, per quanto mi riferi il Principe di Monténégro, in forma che se qualsivoglia altro che il Marchese, il quale solamente ha mira al servilio del Re, occupasse il posto di governatore di Milano, si sarebbe già rotto con Collalto, quale; frà F altre cose, con essere stato visitato due volte dal marchese, al mio partire (15 septembre) non gli havea encora restituita la visita. »
8 Ibid. « Non potendo soffrire i Spagnuoli che tutti i gênera lati e principali carichi militari siano appoggiati agli Italiani, danno anche esteriormente segno del disguto che ne concepiscono, e perciô se non per mera nécessita, non se vede pur uno a Palazzo, dove per il contrario pratica gran quanti ta di Genovesi, onde non so dà chi fù fatto et affisso un motto che dissi i Venit aller Ambrosius. Me Arrianos, iste Hispanos fugavit, et inlroduxît Hebrxos. »