CHAPITRE QUATRIÈME
d'écouter le résident de Venise que son principal ministre, le prudent et judicieux marquis Alexandre Stri g gil.
Charles de Gonzague, duc de Ne vers, n'était ni un capitaine, ni un politique, mais il était loyal et brave, et il y avait en lui un fond d'esprit un peu chimérique qui, joint à son courage, le portait aux aventures. Son alliance avec les Guise (il avait épousé la sœur du dernier duc de Mayenne, tué au siège de Montauban) n'était pas faite pour refroidir son ardeur naturelle, et il avait pris part, avec son beau-frère, en 1616 et 1617, à la révolte des Grands contre le maréchal d'Ancre. Une piété ardente lui avait suggéré l'idée d'une croisade contre les Turcs, et il avait fondé à cet effet un ordre de chevalerie, que le Pape avait béni, mais qui en France n'avait pas été à l'abri de quelque ridicule. Dès que l'espérance d'une couronne s'était présentée, il l'avait embrassée avec joie, et, guidé par Richelieu, il avait quitté son opulente et heureuse situation en France pour venir en Italie se jeter avec ses deux fils,
procurarsi da Spagnuoli per procurer disunione nella lega e causare nel Ré di Francia qualche fredezza, mentre vedesse che li suoi coilegati d'italia per tema delT armi austriache havessero risoluto di concedergli degli avantaggi. »
1 Deuxième dépêche du 25 septembre : c Lo Striggio havrebbe voluto che si fosse ammesso in qualche parte il partito dello Spinola proposto da me. »
le duc de Rethel et le duc de Mayenne, dans la carrière d'ambition, de gloire et de périls qui s'ouvrait devant lui. Il s'était soumis sans murmure à tous les actes de soumission qui avaient paru nécessaires envers PÀutriche pour en obtenir l'investiture de ses États; mais, voyant que toutes ses condescendances ne lui profitaient guère, il commençait à se lasser de ce rôle de vassal qu'on lui imposait au nom d'une vieille domination qui tombait en ruine de toutes parts; et, sans contester la suzeraineté de l'Empire, il protestait qu'étant l'héritier légitime de Vincent II, il aimait mieux perdre la vie que de renoncer à ses justes droits1. H n'avait aucune confiance dans la sincérité de l'Espagne et de la Savoie; et, pendant que Spinola lui faisait les propositions si bienveillantes en apparence apportées par Mazarin, il savait ou croyait savoir que Spinola, en passant à Gênes, avait apaise les vieilles querelles de cette république et du Piémont et avait ménagé une étroite alliance entre Gênes, le Piémont et l'Espagne* ; et Charles
1 Première dépèche du 25 septembre : « ... (Che) havrebbedal canto suo procurata la pace, facendo tutti quelli atti d'umi- Uatione che prétende la casa d'Austria, concedendoli tutto queilo dal quale ella puol acquistare riputatione, prescindendo pero dall' essentiale che sono i suoi stati, dei quali havendolo Iddio fatto signore, voleva perdere la vita prima che abbandonarli. »
s Ibid. : c II marchese Striggio mi ha conferito di haver questa