‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 60 sur 282 · CHAPITRE QUATRIÈME. lit · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. lit

tant pas faites pour lui inspirer le goût de la paix et le portant plutôt à la guerre, dont les chances sont toujours très-incertaines. Charles de Gonzague lui répondit, en vrai paladin et presque en croisé, qu'en tout cas il mettait sa confiance en Dieu et dans la justice de sa cause1.

Voyant donc tous ses efforts inutiles, Mazarin quitta Mantoue' le 23 septembre, emportant ce dernier mot du duc que, d'accord avec Venise, il avait demandé conseil à la France, sans laquelle il ne croyait pas pouvoir prendre un parti ; que le courrier adressé au maréchal de Créqui avait été envoyé directement à Paris, et qu'il attendait la réponse du gouvernement français. En sorte que, pour Mazarin, le résultat le plus net de cette course avait été de lui faire bien connaître un des côtés importants de la situation,

4 Deuxième dépèche : c Et assicuro Y. S. Illustr. che réitéramente me le ha dette (queste cose), et più presto lascio qualche particolarità che ne aggiungo ; tanto che con destrezzanon ho potuto far di raeno $i dirli che S. Ait. confidata nel proprio valore potevà prometersi ogni gloria, ma che la supplicavo a non ingannarsi, facendo maggior fundamento di quello si dovesse netle proprie forze... A che mi rispose che... in ogni cosa sperava in Dio e nella giustizia délia sua causa. »

* Première dépêche : « Partirô dunque questa sera, doppo esser mi trattenuto quà selte giorni, senza conclusione alcuna ; e so in mia coscienza che tanto con Sua Àltezza quanto con il résidente veneto che ha grande autorità e con altri ministri non ho lassato di parlare con quella vivezza che il mio poco talento mi ha somministrata, non essendo tenuto a più. •

l'un des principaux acteurs du drame qui allait se jouer, le duc de Mantoue, son caractère, ses ressources, ses intentions et surtout celles de la république de Venise.

A son retour à Milan, Mazarin se garda bien de refroidir les bonnes dispositions de Spinola en lui disant tout ce qu'il avait vu, entendu ou deviné à Mantoue, et il lui représenta sous le jour le plus favorable la conduite de Charles de Gonzague. Dans les liens de l'étroite alliance qui unissait le duc à la France, malgré tout son désir de montrer sa déférence à l'Empereur et à l'illustre général, il ne pouvait prendre sur lui de recevoir les troupes du comte de Gollalto sans avoir l'avis du roi son protecteur, et il pouvait encore bien moins s'engager à faire quitter aux Français les divers postes qu'ils occupaient dans le Montferrat pour se concentrer sur un seul point, comme Spinola en avait fait la proposition, sans le concours du maréchal de Créqui, qui ne reconnaissait pas d'autre autorité que celle de son roi. Et, sur ces solides motifs, Mazarin demanda qu'il fût sursis pendant dix jours à l'entrée des troupes impériales dans le Mantouan, un aussi grand bien que la paix ne pouvant pas raisonnablement être mis en péril pour quelques jours de plus ou de moins1.

1 Dépêche du 27 septembre.

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