‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 68 sur 282 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Savoie de sa réserve ambiguë, contraire à tous ses engagements. Selon le maréchal, les intentions désintéressées du roi ne peuvent être révoquées en doute, puisqu'au commencement de cette année, ayant la victoire en sa main, et étant certain de ne trouver aucun obstacle dans le Milanais, il s'est arrêté à Suse, content d'être venu secourir un ami en péril, -et ne prétendant aucune autre récompense que de voir la tranquillité rétablie en ces contrées. C'est pour cela qu'il a fait tant de sacrifices, jusqu'à risquer sa vie. Il veut aussi empêcher l'Autriche de faire de nouvelles conquêtes en Italie et se frayer la route à la monarchie universelle. Si on le contraint de repasser les Alpes avec une nouvelle armée, et si la fortune le fait encore triompher de ses ennemis et gagner des Élats, il est résolu de ne les pas garder pour lui, mais de les distribuer à ses alliés et d'affranchir l'Italie de l'étranger \ Pourvu qu'il soit assuré qu'on laissera le duc de Mantoue tranquille, et que les Impériaux se retireront du pays des Grisons qu'ils viennent d'envahir, il fera en sorte que la maison

1 Dépêche, etc. : • Ne in questo haveva altra mira che... impedire al Cattolico acquisti in Italia per mezzo de' quali aspira alla monarchia, e che se S. M. Christianissima sarà necessitata a conduire eserciti in questa parte, debellando per fortuna li nemici e guadagnando stati, ha risolulo di ripartirli alli prencipi di essa, e lasciarla libéra da natione straniera... •

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d'Autriche ne reçoive aucun dommage dans sa réputation et que tout se passe à la satisfaction de l'Empereur, auquel il n'a jamais cessé de porter le plus sincère respect ; mais si on veut arracher au duc de Mantoue des États dont il est le possesseur légitime, seulement parce qu'il est français, on n'y réussira pas ; Louis XIII serait un mauvais roi de le souffrir, et les Français des lâches s'ils n'accouraient au secours de l'opprimé. » Le maréchal en vint ensuite aux moyens qui pouvaient faciliter la suspension d'armes et les négociations désirées. « Il eût été fort utile que le duc de Savoie s'expliquât nettement, et dit à Spinola et à Collalto qu'entouré d'une armée française contre laquelle il ne pouvait se défendre, et s'étant assuré que la France souhaitait sincèrement la paix, il les invitait à différer d'entrer dans les États du duc de Mantoue et à attendre là réponse du roi très-chrétien, puisque cette réponse ne pouvait tarder longtemps ; et elle tarderait bien moins encore, ajouta le maréchal, si le duc de Savoie n'eût pas retenu à Vercelli le courrier du duc de Mantoue, adressé à la légation française de Turin, et que celle-ci a envoyé à Paris1. Il aurait aussi fallu que Son Altesse décla-

1 Riclielieu, V, p. '263 : • Le duc de Savoie commença à arrêter nos courriers qui alloient en Italie ou venoient en France, prenant son prétexte sur la peste, mais n'étant en effet que peur

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