‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 70 sur 282 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

mains des Hollandais; l'Infante effrayée s'était retirée à Namur ; Monsieur allait revenir auprès du roi, son accommodement étant presque achevé et ses prétentions satisfaites, et beaucoup d'autres choses pareilles. Malgré tout cela, le roi était plus que jamais favorable à un arrangement pacifique des affaires d'Italie. En foi de quoi, il nous lut une lettre de M. de Bouthillier, secrétaire d'État, en réponse à une des siennes. Cette lettre annonçait que Sa Majesté avait fort bien accueilli l'idée du moyen terme imaginé, et qu'il enverrait bientôt son avis définitif. Gela, certes, était bien suffisant pour faire différer au marquis Spinola et au comte de Co 11 alto l'entrée de leurs troupes dans les États du duc de Mantoue. Ensuite, s'adressant à moi, le maréchal me dit qu'il m'avait bien promis d'écrire au duc pour le porter à prendre de lui-même le parti qu'on lui proposait, mais qu'après y avoir mieux pensé il n'avait pas cru se pouvoir avancer autant dans une affaire soumise en ce moment à l'examen de Sa Majesté et de ses ministres, et il me pria de l'excuser; mais du moins il n'avait pas manqué d'écrire à Mantoue que le roi désirait très-sincèrement la paix, et que tout ce que ferait le duc pour la rendre plus facile lui serait agréable. Nous restâmes deux bonnes heures à nous entretenir sur ce sujet, et le mare-

chai, en se retirant, voyant que je restais avec Son Altesse, me dit : « Monsieur, sachez que le roi d'Espagne veut votre pays, et que mon roi neveiETque votre cœur, et qu'en retour il vous donnera bien des États *. »

ce Après son départ, le prince voulut bien me dire que cette entrevue n'avait pas été inutile, puisqu'elle nous avait donné une nouvelle assurance des bonnes intentions du roi de France et de celles du maréchal de Créqui; que véritablement il serait fort à souhaiter qu'il fut nommé plénipotentiaire ; que le duc son père en avait adroitement suggéré l'idée à la cour de France, sur ce motif que l'Espagne ayant investi de ses pleins pouvoirs* le marquis Spinola, parce qu'il était son capitaine général, il semblait naturel que la France conférât les mêmes pouvoirs au maréchal, qui occupait ici le même poste. Le prince était persuadé qu'on lui accorderait ce titre de plénipotentiaire, pourvu que le cardinal de Richelieu n'y aspirât pas, car le cardinal n'entendait pas laisser usurper à d'autres la gloire qu'il pouvait acquérir par l'établissement de la paix en Italie, surtout maintenant que cette paix paraissait certaine, le roi de France se montrant résolu à ménager la renommée de la

1 Dépèche, etc. : t II Rè di Spagna vuol le voslre terre, ma il mio Rè non'desidera cbe il vostro core per darvi in ricompensa molti stali. •

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