‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 72 sur 282 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Mazarin vit de nouveau et plusieurs fois le duc de Savoie et Victor- Amédée.

a Pendant les cinq jours que je suis resté en cette cour, dit-il, je n'ai pas cessé un seul jour d'être appelé soir et matin chez le duc et chez le prince, à moins qu'ils ne sussent que j étais en conférence avec quelque ministre; et je n'en finirais pas si je voulais faire part à Votre Seigneurie Illustrissime de toutes les particularités, de tous les détails que j'ai recueillis dans les conversations dont Leurs Altesses m'ont honoré. Cependant, au risque d'être un peu long, je diraiqu'un jour le duc m'ayant fait appeler, j'entrai au palais au moment où l'ambassadeur de Venise en sortait, et je trouvai Son Altesse toute émue. Elle me dit qu'elle venait d'avoir une altercation très-vive avec cet ambassadeur. Le duc avait tâché de lui persuader qu'il ferait bien de porter son gouvernement à la paix, et de lui représenter qu'elle était désirée de toutes parts. Le Vénitien

la quale havesse potuto traltare nella forma che faceva seco, non potendo sempre esser insieme, H haveva risposto che, non potendosi fidar di nessuna, non haveva tampoco altro confidente che se stesso ; e mi soggiunse che per nessun altro accidente poteva cadere délia gratia del Rè che se fosse stato insinuato a S. M., avido in estremo di gloria, che il cardinale l' oscurava facendo credere al mondo che i prosperi successi délie imprese fatte dà S. M. sono seguili più per suo valore e prudenza che per altro, la quai cosa già dà qualche inimico di S. S. lllust. era stata fatta portare aile orecchie del Rè che non vi vuol haver patiente. »

avait répondu quelasérénissime République était riche en hommes d'État capables et expérimentés qui lui donnaient des conseils dignes d'être pris en grande considération, et que c'était sur l'avis de ces conseillers-là que la République s'était résolue à l'aire la guerre pour conquérir une paix solide en Italie, et n'avoir pas chaque jour,4antôt à espérer la paix, tantôt à se préparer à la guerre, selon que les affaires de l'Autriche allaient bien ou mal ; qu'en attendant l'Autriche faisait de nouveaux progrès et ne cesserait point d'en faire tant qu'on n'y apporterait pas de sérieux obstacles ; et qu'on s'étonnait beaucoup que le duc de Savoie hésitât à s'attacher à la France ; car avec elle il pouvait espérer toute espèce d'avantages, et en s'en séparant il avait à en craindre de grands désastres, le roi de France pouvant trèsaisément s'emparer de tous ses États- Le duc lui avait répliqué que cette maxime de Venise de ne croire qu'à ses propres lumières était un grand paradoxe, que la République était fort exposée, qu'il la voyait déjà perdue, et avec elle Mantoue et Casai, tandis que lui saurait bien défendre le Piémont et la Savoie. Et sur cela il s'emporta beaucoup contre les Vénitiens ; il me rappela le peu de respect qu'ils portaient au Saint-Siège et la querelle1 qu'ils venaient de

1 Richelieu, V, p. 258: « Les Vénitiens étoientendilîéiendavec

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