‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 80 sur 282 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

point à en recevoir de semblables de Vienne1. C'est alors aussi que le Saint-Siège constitua définitivement la grande ambassade depuis longtemps annoncée. Le cardinal Antoine Barberini, souhaité à la fois par le duc de Savoie9 et par Spinola5, et dont le caractère aimable et conciliant paraissait propre à satisfaire les diverses parties intéressées, s'achemina vers Bologne, avec le titre de cardinal légat, assisté de Monseigneur Pencirole avec celui de nonce extraordinaire, Mazarin restant sous lui chargé d'affaires, comme nous l'avons dit, subordonné sans doute au nonce, mais un subordonné bien près d'être un collègue, ou que du moins on se plut à combler de toute sorte de marques d'estime et de considération4. A la fin de novembre, chacun

Majesté le leur accorda et envoya ledit pouvoir au maréchal, et lui écrivit le 28 octobre qu'il pouvoit entrer en négociation avec M. de Savoie sur ce sujet, et que s'il voyoit lieu à ladite surséance, en sorte que la réputation du roi y fût conservée et la sûreté de M. de Mantoue, il la pouvoit arrêter, pourvu que pendant la surséance il fût permis de porter toute sorte de vivres à Casai... On envoya un pouvoir général au maréchal de Créqui de traiter de la paix, les Espagnols ayant désiré que son pouvoir fût semblable à celui du marquis de Spinola qui avoit pleine puissance pour raccommodement des affaires d'Italie. »

1 Dépêche de Mazarin du 28 octobre. « È giunto a tre hore ai notte corriero d'Àlemagna dispacciuto à S. E. la qualemi ha detto esser venuta la pltmipotenza... in persona di conte di Collalto. t

* Dépêche du 8 octobre.

5 Dépêche du 28 octobre.

* Archives des affaires étrangères, Rome, 1629, 5 novembre,

d'eux était à son poste, le cardinal légat et Pencirole à Bologne, et Mazarin partout.

Il semblait qu'un heureux dénoûment se préparait, que le cardinal Antoine n'avait plus qu'à présider une conférence de plénipotentiaires animés des mêmes sentiments, qu'ainsi la suspension d'armes accordée se convertirait aisément en une trêve régulière, et la trêve en un traité

fol. 248. Nouvelles de Rome : « Il senlirsi che Sacchetti habbia dà esser dichiarato vice prefetto délia segnatura, fa credere che sarà presto richiamato dalla sua legazione e cédera il grado di legato al cardinale Antonio... Hora s'intende che monsignore Panciroli, maggiordomo del cardinale Barberino, partira mercordi verso Milano per risieder cola e trattar unitamente col Maxarini la pace... Deve il Mazarini conlinuar la carica, del quale s'odora che il Papa ne resti molto soddisfatlo e che habbi parlato con grande edificazione nell' ultima congregazione con parole di riiolta stima, attestando che si pote va prometter altrettanto gusto de' suoi maneggi in questi aiïari quanto ne potesse sperar dà qualsivoglia nuntio; onde puô egli guadagnar assai, massime se le cose pigliassero buona piega. » Le même jour, 3 novembre, deux lettres du cardinal François Barberini annoncent renvoi de Monseigneur Pencirole, son majordome « prelato di gran merilo » et celui de son frère, le cardinal Antoine, comme cardinal légat résidant à Bologne, « affinche si trovi in luogo opportuno dà poter porlare e prestare Y intervento a nome di Sua Beatitudine dove la convenienza o V apertura de" negotii lo richiedessero. » Ibid. fol. 270, trois brefs latins d'Urbain VIII, du 24 novembre, adressés au duc de Modène, au marquis Spinola et au comte de Collalto, accréditent auprès d'eux le cardinal Antoine. Ibid. fol. 273, lettre du cardinal François Barberini au maréchal de Créqui, du' 27 novembre, celle qu'avait sollicitée Mazarin dans sa dépèche du 8 octobre. Le cardinal remercie en termes flatteurs le maréchal des dispositions qu'il a montrées à Mazarin, et il s'en remet à ce que Mazarin lui dira de sa part.

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