CHAPITRE CINQUIÈME. iCl
de paix. Loin de là, cette suspension d'armes qui était le fondement nécessaire de tout le reste, et qui avait coûté tant de peine à Mazarin, était près de lui échapper.
Nous avons fait connaître le comte de Collalto, son ambition, ses desseins auxquels une paix si prompte iîe convenait guère. Nous avons vu que le général autrichien n'avait pas approuvé les ménagements du général espagnol, ni surtout l'idée d'excepter Mantoue et Casai dans l'occupation du Mantouan et du Montferrat. Il s'était incliné devant le bref et l'autorité du Saint-Père, qui lui demandait de travaillera la paix ; mais il entendait y travailler à sa manière, en établissant de haute lutte la suprématie impériale, sauf ensuite à accorder ce qui serait raisonnable. C'était surtout à Mantoue qu'il en voulait. 11 abandonnait Casai au vainqueur de Breda et d'Ostende, mais il comptait sur la prise de Mantoue, ville et forteresse jugée imprenable, pour illustrer son nom, relever ses services à l'égal de ceux de Spinola et de Wallstein, et lui être un titre auprès de l'Empereur à l'accomplissement de ses désirs. Il avait une juste confiance dans ses troupes et ses lieutenants, dont l'un Aldringer, commandant de l'artillerie, était aussi propre à entreprendre un siège qu'à bien servir dans une bataille. Et lorsqu'il vit de près les soldats du duc
de Mantoue et ceux de Venise, incapables de regarder en face ses vieux régiments allemands, il ne résista pas à la tentation de balayer devant lui les troupes efféminées de Faîtière république, et de s'emparer des villes comme il avait fait de la campagne. Il porta son quartier général à Lodi, et prit sans coup férir toutes ces places qui devaient tenir trois mois, à ce qu'avait dit le duc de Mantoue à Mazarin. La forteresse de Gazzolo, défendue par deux mille cinq cents hommes, fit si peu de résistance qu'à peine la garnison obtintelle T.honneur de se retirer avec ses armes. En quelques jours, le colonel Octavio Piccolomini apporta à son général quatorze drapeaux et neuf pièces de canon ; la plupart des soldats mercenaires de Venise et tous les Suisses passèrent du service de la République à celui de l'Empire1, et à la fin d'octobre, dans tout le Mantouan, il ne
1 Dépêche de Mazarin du 28 octobre : « De fatto le armi imperiali nel Mantovano occupano ogni giorno qualche piazza, in modo cbe quel paese che il duca di Nevers mi disse che indubitamente havrebbe difeso tre mesi non vi manca che Borgoforte perche sii preso, in 10 giorni, giacchè, corne forse facilmenfe havrà V.S.I11. inteso per altra parte, gli Iraperiali sono entrati in Gazzolo alla difesa del quale vi erano* 2500 fanti, et in tal forma che a pena per conditione hanno havuto che i soldati uscissero con laspada. Per quanto mi vien riferito, gli hanno prese 14 bandiere, che il Piccolomini ha questa mattina portate a Lodi dà Collalto, inoltre 9 pezzi d'artiglieria, e tutti li Squizzeri e buona parte delf altra soldatesca è passata air esercito dell' Imperatore. »