‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 82 sur 282 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

restait à Charles de Gonzague que Borgoforte et Mantoue. Collalto attaqua Borgoforte et investit Mantoue, disant que ses ordres étaient de ramener sous l'autorité de l'Empereur tout le Mantouan, et qu'il ne pouvait excepter la capitale. Charles de Gonzague se plaignit, non sans raison, qu'on l'avait trompé, qu'on était venu lui proposer une suspension d'armes, et qu'ensuite on l'avait violée. Le maréchal de Créqui indigné avertit Toiras de se tenir sur ses gardes, et le prit sur un ton qui blessa Spinola et lui fit dire que les Français parlaient comme s'ils étaient tout près d'entrer dans le château de Milan1. Collalto, plein de ses desseins et fier de ses succès, se montrait peu disposé à traiter avec les Français*. Spinola lui-même, tout en s'efforçant de modérer Collalto, gardait l'attitude qui convenait au représentant de Sa Majesté Catholique et à un serviteur de la maison d'Autriche : il crovait ou il faisait mine de croire la France en péril en Allemagne et sur ses frontières, et par conséquent . peu redoutable en Italie. 11 fit voir à Mazarin,

1 Dépêche du 22 décembre : « Subito hà fatto chiamare T abbate Scaglia e me, et alla presenza di Santa Croce, ha esaggerato assai le pretensioni de1 Francesi che dice esser tali corne se fossero vicini ad entrare nel castello di Milano. »

* Dépêche du 29 octobre : « Con tulto che habbi detto Collalto di non voler trattar con Francesi. »

devenu son confident, une lettre de Vienne où on lui annonçait que la paix n'était pas faite entre le roi de Suède et le roi de Pologne, qu'ainsi Gustave Adolphe n'était pas près d'être libre et de pouvoir s'unir à la France, et que le duc de Mecklebourg, passé au service d'Autriche, faisait de grandes levées de troupes pour attaquer la France par la Champagne ou par quelque autre côté, si le roi faisait le moindre mouvement vers l'Italie1.

Enfin les choses s'étaient fort vite à ce point embrouillées que, le 29 octobre', Mazarin, inquiet mais non découragé, écrivait au cardinal secrétaire d'État : « Tout ne se peut écrire, et si Votre Seigneurie Illustrissime le souhaite, je suis prêt à me rendre à Rome et à lui donner les renseignements les plus détaillés sur tout ce qui se passe. Je ne mettrais pas plus de quatre jours à ce voyage. » Cette proposition ne fut point

1 Dépèche du 29 octobre : « S. E. mi ha rnostrata lettera di Vienna ricevuta ier sera che dice non esser conclusa la pace trà Suetia e Polonia, e che Michelburgh levava gente per accostarsi alli contini di Francia per attaccarla dalla parte di Ciampagna o al- Irove, quando S. M. christianissima... faccia qualche motivo. »

8 lbid.: « Tutte le cose non si possono scrivere. Onde se V. S. Illust. giudicasse bene che mi transferissi costi, mi parebbe di poter dare puntualissima informatione d'ogni cosa, et in tempo che la mia a^senza diquà non portasse alcun pregiudizio, e questo vinggio lo farei in qualtro giorni. Àttenderô dunque isensi di V. S. lllusl. »

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