‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 83 sur 282 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

agréée S mais elle hâta le départ du cardinal légat et du nonce extraordinaire; et durant les mois de novembre et de décembre 1629, Mazarin resta dans la haute Italie, occupé à renouer les fils à demi rompus de ses premières espérances, portant de tous côtés des paroles de conciliation, et sans cesse à cheval entre Milan, Turin, Mantoue et Bologne.

Il nous faut bien rappeler ici, au moins trèsrapidement, ces courses laborieuses, puisqu'elles

1 Elle l'aurait été suivant Benedetti. Celui-ci affirme, en effet, p. 20 et 21 , que Mazarin fit alors un voyage à Rome, qu'il y vit non-seulement le cardinal Barberini, mais le pape, et lui exposa l'état des affaires dans le Nord de l'Italie avec tant de netteté qu'il gagna encore davantage les bonnes grâces du Saint-Père. C'est de Rome qu'il se serait rendu à Bologne où le cardinal Antoine le reçut à merveille. Ce récit de Benedetti est plein de détails si précis qu'il semble impossible de le révoquer en doute, et il est fort naturel que Priorato l'ait suivi. Mais que d'anecdotes et de récits d'ailleurs très-vraisemblables tombent devant les documents authentiques! La bibliothèque Barberine contient une lettre du cardinal Barberini à Mazarin, lui répondant que son voyage à Rome n'est pas nécessaire puisqu'il verra à Bologne le cardinal Antoine auquel il pourra tout dire. Lettre chiffrée du 3 novembre : < Cheiltrasferirsi quà V. Signoria non sia necessario mentre potrà essere dal signore cardinale Antonio stesso et informarlo pienamente et anche servirlo dove occorrerà nel negotio. * Enfin, dans une lettre autographe de Mazarin que nous trouvons aux Archives des Affaires étrangères, Rome, 4632, fol. 255, et adressée à Servien, le 26 octobre 1632, nous lisons ces mots : < Ritorno alla mia patria doppo cinque anni d'assenza. » Donc, quoi qu'en dise Benedetti, d'ailleurs si bien informé, Mazarin n'avait pas été à Rome à la fin de l'année 1629.

composent alors toute la vie de Mazarin, et que sa position, bien que relevée par le talent, le succès et l'estime générale, le condamnait encore à ne déployer de toutes ses grandes qualités qu'une Jagilité merveilleuse et une intelligence au service de tout le monde.

Dès que Mazarin était revenu de Turin, le 8 octobre, Spinola avait eu l'idée de l'envoyer au comte de Collalto pour l'exhorter à la modération et à la prudence1. Mais il en avait eu grand besoin auprès du maréchal de Créqui qu'il s'agissait d'amener à une suspension d'armes dans le Montferrat, et Mazarin avait dû se transporter de nouveau à Turin. A peine de retour à Milan de ce second voyage, le 14 octobre, Spinola reprit sa première pensée, et lui confia la négociation, devenue bien autrement difficile, dont il avait d'abord voulu le charger auprès du général autrichien enorgueilli de ses faciles succès et auprès du duc de Mantoue humilié et irrité, qui se disposait à prendre à son tour l'offensive5. Il fallait apaiser Charles de Gonzague, lui recommander la patience au nom de son propre intérêt, et faire sentir au comte de Collalto qu'il n'avait pas été nommé plénipotentiaire pour allumer la

1 Dépêche du 14 octobre.

1 Dépêche du 28 octobre.

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