CHAPITRE CINQUIÈME
bien donner au cardinal de Richelieu d'assez grands soucis pour le retenir en France et l'empêcher de revenir en Italie1.
Ajoutons qu'on ne peut trouver une plus triomphante apologie de la sincérité et de la bonne foi de Spinola que le passage suivant où le duc de Savoie s'excuse d'avoir recours à une suspension d'armes, puisqu'on ne lui a pas laissé d'autre moyen de salut : « Spinola, dit-il, a toujours montré un grand désir de la paix, à ce point que, dès le commencement, il a pris soin de s'abstenir de toute intelligence et conférence avec nous et a refusé de nous assister, afin de n'exciter aucun soupçon et de ne pas se •créer des difficultés dans ses négociations2. »
Si on ne savait à quelles bassesses condamne l'ambition, on s'étonnerait de l'humble attitude que le duc de Savoie prend avec l'Empereur. S'il désire que le lieu des négociations qui vont s'ouvrir sôit une ville de ses États, c'est que ses États relèvent de l'Empire, et qu'alors tout se passerait comme en famille, et que les affaires d'Italie ne sortiraient pas de la maison d'Autriche5. Et il
1 Plus haut, chap.IV, p. 151-152, et p. 142.
2 Lettre du 11 janvier 1650 : « A segno clie dal principio mostrô (T astenersi <f abboccamento con noi, e negô d' aiularci per non .apportar ombra e difficolta ne' i trattati. »
3 Ibid. « S' è considerato Y opportunité di questi stati miglior • \
: termine en protestant que les circonstances pourront bien l'empêcher de donner à l'Autriche des marques de son dévouement, mais non pas lui en jamais ôter le désir, et altérer sa ûdélité à l'autorité impériale1.
Tel était le langage de celui que des historiens piémontais nous représentent comme le premier champion de la liberté de l'Italie; tels étaient, envers la France; les vrais sentiments du prince ,qui, après avoir si bien observé le traité deSuse, nous demandait publiquement, avec tant d'instance et au nom de la religion, une suspension d'armes, en même temps qu'en secret il animait contre nous nos ennemis et invoquait les conspirations et les révoltes. Cette demande hypocrite n'était dictée que par le besoin de sortir de l'embarras du moment. Une telle suspension d'armes, qui ne pouvait manquer d'aboutir à la guerre et qui était presque aussi ruineuse pour nos finances et pour notre armée, n'était qu'un piège habilement tendu à la loyauté française. Le maréchal de Créqui le découvrit et l'évita. Après avoir été très-
cT ogni allro per la conferenza, poichè sendo la causa principalmente dell1 Imperatore e questi stati dipendenti dall* Imperio, vi entra la riputatione di S. M. Cesarea quasi che si tratti in casa sua. »
4 Jbid. • La sforza polrà ben impedire talvolta gli efletti délia nostra servit ù, ma non mai per veruno accidente alienar 1' animo e la volontà del devotissimo afletto e délia fede che in ogni tempo 'e conserviamo dedicala alli suoi imperiali commandi. »