‹ La jeunesse de Mazarin;Chapitre 96 sur 282 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

pas, Mazarin se mit en route, conduit par un chambellan du prince qui connaissait bien le pays et le guida sûrement jusqu'à la frontière de France1. À une lieue de Lyon, il rencontra Saint-Maurice qui s'en revenait. Celui-ci lui raconta qu'il avait été a'entendre avec le cardinal sur les chemins que devait prendre le corps d'armée du maréchal de La Force, composé de dixmille hommes de pied et de douze cents chevaux. Il avait tâché d'arrêter Richelieu, en lui montrant que s'il passait plus avant la guerre était inévitable, voulût-il même l'éviter, étant impossible qu'une armée nombreuse une fois en Italie, parmi les Espagnols et les Allemands, n'en vînt bien vite aux mains avec eux. Il lui avait aussi représenté que les Vénitiens, qui étaient de feu pour l'appeler au delà des Alprs,

1 Dépêche dalée de Chambéry, le 26 janvier 1630 : « II mio arrivo qui fù ieri di buon ora. Queste Altezze mi viddero subito.. » Première dépêche du 14 février : « Il signor principe di Piemonte, con l'occasione che attendeva il conle di S. Mauritio dà Lione, parendoli che convenisse Fesser io in forma to distintamente dei sensi del signor cardinale di Richelieu, volse che mi trattenessi quasi due giorni in Ciambri, ricevuto el ailogiato per ordine di S. Alt. dal présidente di quella provincia -con summa lautezza ; ma differendosi l'arrivo del detto signore, judicô ben che partissi. dandomi lettere tanto per il conte quanto per il résidente Monfalcone, aeciô mi ragguagliassero minutaraente di quanto havevano negotiato, et medesimamente mi fece accompagnare dà un suo aiutante di caméra pratico di quei paesi acciô con maggior sicurezza inavanzassi à questa volta. »

se refroidiraient beaucoup lorsqu'il s'agirait de se battre, et qu'ils n'oseraient attaquer ni les Impériaux dans le Mantouan ni les Espagnols du côté du Milanais. Le cardinal avait répondu qu'il remerciait beaucoup le prince de Piémont de ses bons avis, mais qu'il n'y pouvait prêter l'oreille! ayant des ordres contraires; et que pour les Vénitiens il prendrait les moyens de se mieux assurer de leur bonne volonté1. Voilà ce que le comte de Saint- Maurice dit à Mazarin , mais il se garda bien de lui dire que son voyage avait eu bien d'autres fins secrètes : il lui cacha , et le prince de Piémont lui avait

1 Première dépêche du 14 février: « Il conte che inconlrai una lega fuori di Lione mi diede parte con ogni puntualità dei suoi negotiati, che consisterais neir havere aggiustate le tappe per il passaggio di 10 m. fanti e 1200 cavalli per la valle délia Moriana che doveva conduire il marescial délia Forza, e nell' haver procurato di far trattenere il signer Cardinale mostrandoli che col avanzarsi la guerra erà certa quando anche S. E. Illust. havesse abbraccîato il contrario, stante il non esservi comodità de trattenersi un' esercilo cosi numeroso senza venir à rottura, accennandoli ancora che i Venetiani, che lo stimulavano a passare i monti, sarebbere andati poi freddi in esequir quello che promettevano, potendo le Î9torie passate render buona testimonianzia délie loro operationi, e che per molto che asserissero per impegnarlo mai havrebbero attaccato ne li Imperiali ne lo stato di Milano. Al quale officio disse il signor Cardinale di non poter dar orecchie, per haver ordine in contrario, ma che circa ai Venetiani havrebbe procurato assicurarsi in modo délia loro volontà che non havesse a dubitare punto, ringraziando in tanto S. Ait. delli buont ricordi. Si licenciamma doppo, • etc.

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