‹ La jeunesse de Mme Desbordes-Valmore d'après des documents nouveaux: d'apre?s des documents nouveauxChapitre 17 sur 62 · A Frédéric Lepeytre, 2 décembre · texte numérisé non relu

A Frédéric Lepeytre, 2 décembre

et cette preuve se confirme par ces lignes que madame Récamier lui adressait au reçu d'un de ses ouvrages, qu'elle lui avait envoyé de Lyon :

• Ce 13 février IS36.

* Vous savez bien, Madame, de quel prix peut être un souvenir de vous et combien je suis touchée d'une reconnaissance que je ne mérite point, mais qui est entre vous et moi un lien que j'apprécie tout ce qu'il vaul. Les deux charmants volumes que vous me faites l'honneur de in "envoyer étaient depuis longtemps dans ma bibliothèque : l'exemplaire que je reçois de vous ne m'en sera pas moins précieux, et je vous le répèle, il est très doux d'unir un souvenir personnel d'intérêt et d'estime à celui d'une vive admiration.

> Je n'ai point perdu l'espérance de vous en parler moi-même soit à Paris, soit à Lyon, et j'ai besoin de cet espoir pour me consoler de ne vous avoir pas vue pendant mon séjour ici.

» Veuillez recevoir, Madame, l'expression de tous mes sentiments et de mon admiration.

> J. Récamier. »

Et quand mourut madame Récamier, madame Desbordes- Valmore en conçut un chagrin pro-

fond, qu'elle témoignait en ces termes à l'ami qui était son confident le plus intime :

c ... Vous ne connaissez pas tous les amis que nous avons perdus. Tant mieux! Vous pleureriez de mes larmes amères. Mais le nom de quelques-uns suffit pour les comprendre.

Eh bien! adieu madame Récamier, et sa grâce, et ses douces mains, bien courageuses aussi pour attirer et soutenir les plus souffrants. La perte de M. de Chateaubriand l'a déracinée de la terre. Ses beaux yeux sont devenus aveugles; et cette créature, jugée légère parce qu'elle souriait même en pleurant, a voulu mourir... Elle me l'a dit, près de ces places vides quittées par Ballanche et le grave René. Quelle solitude pour moi dans ce coin autrefois si habité, si bon, si sûr! Adieu 1 !... »

Chose rare ! madame Desbordes-Valmore n'inspirait que de "l'affection, une sympathie mêlée d'admiration aux écrivains et aux poètes féminins de son temps, qui, on peut le dire, l'entouraient sans arrière-pensée d'hommages et de sollicitude. Je parle de celles qui étaient respectables, comme madame d'Abrantès, ma-

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